Cancer du col de l’utérus : vers l’introduction du vaccin contre les papillomavirus

Le Sénégal intensifie sa lutte contre le cancer du col de l’utérus et compte introduire dès le 31 octobre 2018, dans son programme élargi de vaccination, un nouveau vaccin. Il s’agit du vaccin contre les papillomavirus. Il vise à lutter contre le cancer du col de l’utérus.

Le cancer du col de l’utérus est un problème majeur de santé publique au Sénégal. Au niveau global, il y a 630 mille nouveaux cas de cancer qui sont liés au virus papillomavirus et 84 % de ces cas vont évoluer vers le cancer du col de l’utérus. Et c’est un fléau qui frappe plus les pays à revenu faible dont le nôtre où on enregistre plus de 85 % des cas de cancer du col de l’utérus répertoriés dans le monde. Traduit en valeur absolue, c’est plus de 260 mille décès à l’échelle mondiale. Soit 8 % des décès féminins dus au cancer du col de l’utérus. D’où les motivations qui ont poussé le Sénégal à penser à introduire le vaccin contre les papillomavirus humains pour limiter les dégâts. «Le meilleur moyen de lutter contre le cancer du col de l’utérus, aujourd’hui, c’est la vaccination des sujets neufs c’est-à-dire les personnes qui ne sont pas encore infectées. Et elle doit se faire avant le premier rapport sexuel. C’est pourquoi notre pays a choisi de tester aussi cette stratégie c’est-à-dire introduire le vaccin contre les papillomavirus à partir du 31 octobre prochain», lance Ousseynou Badiane, directeur du programme de vaccination. Il s’exprimait, hier, en marge d’une session d’orientation des journalistes sur l’introduction du vaccin contre le cancer du col de l’utérus.

Selon Dr Badiane, le cancer du col de l’utérus est le premier cancer gynécologique au Sénégal contrairement à ce que l’on pourrait penser. Il vient avant le cancer du sein et représente 34 % des cas incidents et 30 % des décès par cancer.

D’après lui, sur l’ensemble des cancers signalés au Sénégal, le tiers est attribué au cancer du col de l’utérus. Et la prévalence de l’infection par Hpv, est estimée à 12,6 % dans notre pays. A l’en croire, presque toutes les femmes au Sénégal ont été en contact avec le papillomavirus humain. Et parmi ces dernières, il y a au moins les deux tiers qui risquent de développer l’infection. Il informe que c’est une infection qui se transmet par voie sexuelle et souvent c’est lors des premiers rapports. Et la particularité du Hpv, c’est que cela peut se transmettre sans même pénétration c’est-à-dire juste par contact intime. Ce qui fait que même le préservatif ne protège pas contre cette infection à 100 %. «L’infection est asymptomatique, assez latente et transitoire. Quand la femme est infectée souvent, il y a aucun signe qui montre qu’elle est infectée. Et cette infection peut évoluer de manière sournoise jusqu’à développer des lésions précancéreuses et arriver à un stade plus grave c’est-à-dire le cancer. Même s’il y a une bonne partie de ces lésions qui peuvent guérir de manière spontanée», signale-t-il.

Il soutient en outre que le risque réside au niveau du premier rapport sexuel. Plus le rapport sexuel est précoce, note-t-il, plus le sujet a le temps de développer le cancer. Ce qui veut dire qu’une fille de 16 ans qui est infectée a plus de chance de développer le cancer du col de l’utérus par rapport à celle qui s’infecte à 40 ans.

WalfQuotidien

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