« BA KHOULA, BA JOL, BA CO » : On est tous Mancagnes

Bula, un des anciens postes administratifs de Cacheu (ancienne province de la Guinée portugaise) constitue le centre historique et culturel des Mancagnes. Au Sénégal, on retrouve une partie de ce peuple dans ce monde rural en moyenne et en basse Casamance : Ziguinchor, Sédhiou, Niaguis. Mais au fil du temps, des centres urbains comme Dakar, Saint-Louis, Thiès, Kaolack, Kolda ont enregistré une croissance importante de la population Mancagne.

En Gambie, on les retrouve à Banjul, à Sérékounda, à Fajikuuda, localité où leur présence est constatée depuis 1930.
Les Mancagnes s’installent fréquemment près des cours d’eau. C’est ce qui fait d’eux, une population presque entièrement rurale et profondément agricole.

Jusqu’à leur périple Bissau guinéen, les Mancagnes auraient constitué un même groupe et par conséquent parlaient la même langue (ou le même dialecte) ; mais avec leurs différents déplacements et leurs différents contacts avec d’autres ethnies, ils ont fini par se scinder en trois groupes, suivant qu’ils habitent les trois terroirs qui, aujourd’hui, forment leur territoire protohistorique : Bula, Co et Jol.

Ainsi ceux qui habitent Bula sont appelés «Ba Houlas» (Déformation de Ba Boula), ceux qui habitent Co, «Ba ouh» (déformation de Ba Co) et ceux qui habitent Jol, «Ba Jol». Les « Ba Houlas »: sont les plus nombreux et constituent le «noyau original» du groupe, en ce sens que Bula est présentée comme la terre protohistorique des mancagnes. D’ailleurs, Bula peut être considérée comme la capitale politique et culturelle des Mancagnes car abritant le lieu où se trouve le trône du roi et où se tiennent l’une des plus grandes activités de la culture mancagne, le «Katasa», c’est-à-dire « initiation».

Toutefois, il faut souligner que c’est à cause de cette importance numérique et de cette forte influence politico-culturelle que «Ba Houlas» ont tendance à confondre «mancagne» et «na houla», le singulier puisque la quasi totalité des mancagnes se définissent aujourd’hui seulement comme «Ba houlas» y compris les Ba Ouh.

«Ce qui semble exclure les autres du groupe» a soutenu Mirjana trifkovic dans ses recherches de (1959). On note que les «Ba Ouh» sont légèrement différents des «Ba Houlas» sur le parler. Et Mirjana trifkovic d’ajouter, «cette différence résulterait de leur cohabitation avec les Manjacques à qui ils ont beaucoup emprunté lexicalement. Toutefois, ils sont plus tolérés dans le grand groupe «Ba houlas». Nous en voulons pour preuve la célébration des «Ngouranes», une célébration célébrée au mois de septembre, où ceux ou celles des « Ba Ouh » viennent après ceux ou celles des « Ba Houlas » authentiques (c’est-à-dire les différents clans aujourd’hui considérés comme tels). »
Pour les « Ba Jol », ils seraient issus de la triple cohabitation Mancagne, Manjacque et Balante sur le terroir de Jol où, du fait de leur nombre.

Ils ont été fortement influencés linguistiquement. En effet, les «Ba Jol» parlent un dialecte appelé «Brâme ou Mancagne de Jol». Ce dialecte est par ailleurs plus proche du «U houla» que des deux autres ethnies (Manjacques et Balantes).
Aujourd’hui encore en Guinée Bissau, les Jol sont considérés comme des Mancagnes à part entière, comme l’attestent les documents officiels traitant les statistiques démographiques consultés. En somme, retenons que Ba Ouh et Ba Jol sont la parfaite illustration de liens sociaux que les Mancagnes ont entretenus ou entretiennent avec les autres ethnies, tels leurs anciens parents Manjacques et Pepels.

Les patronymes

Les patronymes permettent de distinguer le clan d’origine. On peut citer : Les Campal, Kantoussan, Nyouky, Ndèye, Mansis etc. qui sont des patronymes “Kachou”. Il y a aussi les, Badiane, Boissy, Kény, Mandiamy, Samy, Mandioubane, Diompy, Demba, Baloucoune, Sanka, Bampoky, Dionou, Manel, Jacky, Kabou, Kamfom, Kamony, Kankola, Malack,Malou, Minkilane, Mingou, Minky, Nadialine, Simpa, Dupa, Toupane, Mancabou, Ntab, Ndecky, Kabatou, Kanialy, Nzalé ou Nzaly, Médou, Kaly, Bampassy, Bampoky, Baraye, Ndione, etc. issus de clans divers. En raison des origines bissau-guinéennes de ce peuple, les patronymes à consonance portugaise n’y sont pas rares. Par exemple on y trouve des Da-Sylva, Dacosta, Cabral, Delgado qui sont plutôt en Guinée Bissau. Comme le disent certains, c’est uniquement chez les mancagnes que l’on trouve des noms de famille De la lettre A à la Z.

Denise ZAROUR MEDANG (sudonline.sn)

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