Contribution : DE LA RIZICULTURE A LA RIZI-BUSNESS

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En réponse à une croissance démographique accélérée le Sénégal a cherché à booster la production agricole plus particulièrement la production du riz. A cet effet, l’Etat s’est fixé deux objectifs :

– Un objectif quantitatif qui consiste à remédier aux importations de la denrée tout en assurant une sécurité alimentaire à la population.

– Un objectif qualitatif qui vise à satisfaire aux gouts et aux exigences des consommateurs tout en restant compétitif dans le marché interne voire international.

Une telle ambition a trouvé un cadre de référence très propice pour sa matérialisation à savoir :

– La Loi d’orientation Agro Sylvo Pastorale (LOASP)

– Les choix contenu dans le Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté 2 (DSRP 2)

– Les choix de la Stratégie de Croissance Accélérée (SCA)…..

Ainsi pour mieux concrétiser sa volonté politique, l’Etat a agit sur sept leviers clés.

Le Sénégal s’est davantage investi dans l’intensification de la recherche agricole et agro-alimentaire pour trouver de nouvelles variétés de riz et produire des semences de bases afin d’optimiser les rendements.

Ensuite l’Etat s’est engagé dans la fourniture d’intrants, de matériel agricole, de services investis dans les façons culturales, la récolte, le battage etc.…

Pour la financement l’Etat a cherché à faciliter l’accès au crédit grâce un partenariat avec les banques ou les micro- crédit tels la CNCAS, les SFD afin d’accroitre les équipements et relancer la commercialisation.

Au-delà ces trois segments, le Sénégal s’est intéressé à quatre autres leviers qui sont la production de riz pendant les deux saisons de l’année, la collecte, la transformation et la commercialisation de riz blanc.

Malgré un tel degré d’engagement notre Etat continue à souffrir du poids des importations de riz qui ne cesse de peser sur déficit de sa balance commerciale. Quels en sont les blocages ? Quelles peuvent être les solutions ?

Les réponses à ces questions peuvent etre trouvées curieusement dans le mode d’organisation des OP, organes chargés de la matérialisation à la base des ambitions de l’Etat. Prenons un exemple de l’organisation pyramidale paysanne dans la vallée de l’Anambé.

Au sommet nous avons la Fédération des Producteurs de Base de l’Anambé (FEPROBA) formée par le bas avec les Unions des Groupements d’intérêt Economique ( GIE) qui à leur tour son composés des GIE et des individuels intervenant dans leurs secteurs respectifs.Comme je ne cesserai de le dénoncer, cette parodie structurelle, au lieu de jouer un rôle crucial dans le développement du bassin, constitue un vrai frein à la mobilisation de toutes les énergies pour une production à la hauteur des investissements dans l’aménagement. Comme preuve il n’existe pas un seul Président d’une Union ou de la FEPROBA qui ne roule avec des fortunes qui ne sont ni le fruit de leur labeur ni moins celui d’un héritage paternel. Ces fortunes sont issues de détournement de financements de l’Etat sous forme de subventions d’intrants agricoles ou de matériels lourds destinés aux OP. D’ailleurs, soit dit en passant, c’est ce qui explique aujourd’hui la vague de contestation au sein de toutes les Unions de tous les secteurs qui réclame la transparence de gestion. Cette transparence doit passer par l’éradication de ce système mafieux qui ne cesse de bloquer l’élan des masses dans la relance de la riziculture.

Le bras de fer entre les producteurs et la mafia de la rizi-business doit être arbitré par l’intervention musclée de l’Etat en auditant les Unions , la FEPROBA et la SODAGRI. C’est à l’issue de cette audite

seulement que nous pouvons espérer une véritable relance dans ce secteur clé. Au cas échéant l’Etat sénégalais continuera à alimenter un réseau fortement organisé dont la seule ambition est de s’enrichir au détriment des masses laborieuses.

ABDOULAYE BALDE

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