mardi, mai 17, 2022

JUSTICE A DEUX VITESSE, INVALIDATION DE SES LISTES…L’opposition dézingue Malick Sall

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La marche contre une justice à deux vitesses interdite, l’opposition a transféré hier le combat au sein de l’hémicycle lors du passage du ministre de la Justice. Déthié Fall, Mamadou Diop Decroix et Aïda Mbodji, ont fait passer un sale quart d’heure au Garde des Sceaux, Me Malick Sall coupable à leurs yeux, d’être le bras armé de Macky Sall pour brimer les opposants.

Y en a marre, Frapp/France dégage et leurs alliés ont été certes interdits de manifestation hier, par le préfet de Dakar. Mais l’opposition parlementaire a porté leur combat au sein de l’hémicycle. Les députés de l’opposition ont, dans le blanc des yeux, dit tout le mal qu’ils savent de la justice au Garde des Sceaux. Me Malick Sall à qui ils ont d’ailleurs fait passer un sale quart d’heure. Et comme d’habitude, c’est le député Déthié Fall, à la pointe de ce combat, qui ouvre les hostilités. D’emblée, l’ex-dauphin d’Idrissa Seck passé entre temps un des plus virulents opposants du régime, charge Sall, coupable à ses yeux d’être incapable de relever les défis que les Sénégalais attendent du secteur de la justice. ‘’Nous avons une justice à deux vitesses. Un ministre de la Justice qui éprouve de la peine pour les uns et pas pour les autres’’, charge le leader du Parti républicain pour le progrès. Allant plus loin, le député Nango Seck persifle que le Sénégal sous Macky Sall, n’a pas seulement une justice à deux vitesses. ‘’Il y a une justice à plusieurs vitesses. Et quand une justice fonctionne à mille vitesses, elle glisse vers les dérives’’. A l’en croire, avec la politisation du ministère de la Justice, les liens entre celle-ci et les citoyens sont rompus depuis un bon moment. C’est pour cette raison qu’il dit d’ailleurs ne pas comprendre les initiateurs de la Charte de non-violence proposée aux acteurs politiques par le Cudis et que l’opposition refuse de signer. ‘’Avant de parler de non-violence, il faut respecter la constitution et les lois du Sénégal. Si la loi est bien respectée, on n’aura pas besoin de structures parallèles pour proposer une quelconque médiation pour un apaisement’’, a-t-il fait part au ministre. ‘’Nous ne combattons pas la justice, nous combattons les pouvoir exorbitants de Macky Sall’’, a de son côté précisé Cheikh Abdou Mbacké Bara Doly sur le combat de l’opposition.

Des arguments battus en brèche par les députés du camp du pouvoir. D’après Pape Birahim Touré, l’opposition sénégalaise a toujours été de mauvaise foi dans son jugement par rapport à la justice du pays. ‘’Nous avons une bonne justice. Nous avons de bons magistrats’’, clame-t-il. Abondant dans le même sens, Sokhna Dieng Mbacké a invité les acteurs politiques à ne pas fragiliser la justice. ‘’La justice est le dernier rempart de l’Etat de droit. Quand il n’y a pas de justice, il n’y a pas droit’’, a alerté l’épouse de Serigne Modou Kara Mbacké. De même avis que Sokhna Dieng Mbacké, Seydou Diouf a indiqué que ce débat sur l’indépendance de la justice est comme un serpent de mer dans l’administration. ‘’Il faut qu’on respecte ces magistrats. Il est inconcevable pour une raison ou pour une autre, qu’on jette l’opprobre sur la justice. Arrêtons de jouer sur les concepts’’, fulmine-t-il. Toutefois, il a plaidé pour l’amélioration des conditions de travail des magistrats.

Me Malick Sall :‘’Dans quelques années, la surpopulation des maisons d’arrêt sera une mauvaise souvenir’’

La modernisation de la justice, la surpopulation dans les Maison d’arrêt et de correction, ont été aussi au menu des débats, lors du vote du budget du ministère de la Justice. Sur toutes ces interpellations, Me Malick Sall, accueilli en standing ovation par les députés de la mouvance présidentielle et ses militants qui ont envahi l’hémicycle, a annoncé un vaste programme ‘’inédit’’ pour la modernisation de la justice. Ainsi, pour l’année 2022, son département prévoit la construction de 12 centres d’accueil, 42 juridictions sièges de cour d’appel et tribunaux. La construction de 32 logements pour les présidents des tribunaux est aussi prévue pour l’année 2022. La construction de ces infrastructures vise à assurer, selon lui, un maillage territorial pour une justice de proximité. Ce qui, de son avis, renvoie à bonne gouvernance judiciaire. ‘’Dans quelques années, la surpopulation des maisons d’arrêt sera une mauvaise souvenir’’, a annoncé Me Malick Sall. ‘’Je reste convaincu que toutes ces initiatives sont de nature à rehausser notre système judiciaire aux normes et standards comme réponse adéquate aux attentes des citoyens d’une justice moderne adossée au grand souci de transparence, de rapidité, célérité et flexibilité…’’, soutient-il. Poursuivant ses explications, le ministre de la Justice qui a esquivé beaucoup de questions posées par les députés, s’est contenté de dire : ‘’le Sénégal est foncièrement et fondamentalement attaché au principe de la bonne gouvernance qui est alignée au principe de culte, ce qui constitue un avantage comparatif’’.

«Ces recours introduits par des préfets et sous-préfets sont conformes à la loi»

Toutefois, son indifférence face aux récriminations de l’opposition ne l’a pas tiré d’affaire. A peine le débat sur l’indépendance de la justice épuisée, les députés de l’opposition reviennent à la charge avec cette fois ci, le refus du commandement territorial d’appliquer les décisions rendues par les cours d’appel sur la réhabilitation des listes de l’opposition. Ils accusent ainsi Malick Sall d’être l’artisan d’une telle forfaiture à coté de son collègue Félix Antoine Abdoulaye Diome. D’entrée de jeu, la députée Aïda Mbodji rappelle à Me Malick Sall qu’outre le libellé de son ministère celui de la justice qu’il incarne, son titre comporte la mention Garde des Sceaux. ‘’Ce titre fait de vous le régent du bon fonctionnement de la justice et surtout ses équilibres que doivent maintenir le pouvoir judiciaire de notre pays. Sous ce rapport, votre devoir est de prendre vos responsabilités quand celui qui est censé maintenir de l’ordre fait le désordre’’, charge-t-elle. ‘’Les recours d’une certaine partie de l’administration territoriale contre les décisions des Cours d’Appel sur la recevabilité de certaines listes de l’opposition font désordre. Ils font désordre dans le sens que ces actes font de l’administration des acteurs partisans. Car cela instaure un fait inhabituel voire inédit qui est de nature à fausser l’expression démocratique’’, ajoute la présidente du Conseil départemental de Bambey. Refusant ainsi de comprendre l’intérêt de l’administration territoriale de pourvoir en cassation. ‘’Cela pose même un problème de recevabilité, parce que leurs intérêts ne sont pas menacés’’, estime-t-elle. Mais pour Me Malick Sall, ces recours introduits par des préfets et sous-préfets sont conformes à la loi. ‘’L’administration est dotée d’une personnalité juridique. Autant les partis politiques que les autorités administratives, s’ils estiment qu’ils ont le droit de saisir la justice, je ne pense pas que le ministre de la justice ait son mot à dire’’, rétorque-t-il. Soulignant ainsi qu’il appartient à la Cour suprême de dire si les recours sont recevables ou pas, Me Malick Sall lâche en dernier ressort sur la réhabilitation de la liste de Yewwi askan wi à Matam : ‘’je n’en suis pas politiquement heureux, mais citoyennement heureux. Cela montre encore que nous sommes dans un Etat de droit et que la justice est libre et transparente’’. Le budget du ministère de la Justice est arrêté, pour l’exercice 2022, à la somme de 71 839 549 729 Francs CFA en autorisation d’engagement (Ae) et en Crédit de paiement (Cp).

L’info

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