samedi, octobre 23, 2021

Violence technologique et éducation à la citoyenneté numérique

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Du tambour au téléphone en passant par l’ordinateur, la technologie a toujours été conçue pour rapprocher les sociétés, les cultures et les humains. Pour cela, elle confère un véritable pouvoir d’action à l’homme à travers le caractère instantané des échanges et par la vitesse des flux de communication.

Cependant, et contrairement à cette perception rassurante, un constat fait par l’organisation des nations unies, montre qu’aujourd’hui la plupart des comportements agressifs du genre : cyberharcèlement, diffamations, invectives, injures, stigmatisations, moqueries, mensonges, offenses ciblées, calomnies déguisées ou toutes autres publications d’images dégradantes passent par les technologies de l’information.

Dans notre quotidien, au niveau des réseaux sociaux (Facebook, LinkedIn, WhatsApp), il n’est pas rare de tomber sur des empoignades ou des expressions de ce genre de désolation entre acteurs du numérique, donnant l’impression que nous sommes de plein pied dans une société de guerre, si n’est le cas avec autant d’affrontements verbalisés et d’intimidations dans des commentaires dits libres.

Si cela est vrai, c’est parceque la frontalité virtuelle crée ici l’absence de l’autre et  nous donne l’impression qu’il n’existe pas puisque de toute  façon, il n’est pas physiquement devant nous, ce qui accentue une réelle propension à la liberté de dire ce que l’on veut.

Alors que l’objectif visé par ces fenêtres est de donner à chacun le soin de s’exprimer sur des faits de société et de partager son point de vue dans le plus grand respect de l’autre, ces initiatives sont devenues contreproductives et révèlent de facto la conduite de notre société  vers une violence inouïe qui chaque jour fait ses victimes (dépôts de plaintes pour insultes en ligne,  signalements par rapport à des actes de vandalisme, de sabotage et d’atteinte à la liberté, vols, piratages de comptes, crimes financiers, appels répétés par rapport à de fausses destinations avec un simulacre de justifications souvent erronées et falsifiées, perturbations liées à la non maitrise des sonneries durant les événements recevant du public comme les baptêmes, au niveau des banques, en classe, durant les prières de mosquée, d’église, coupures épisodiques pendant nos entretiens sociaux), les exemples ne manquent pas et les faits divers nous en disent chaque jour un peu plus sur ce qui qui draine petit à petit nos  sociétés vers le chaos et la totale déperdition.

Voilà qui ratisse le terrain et rend propice le développement de cette culture de la violence technologique que nous entretenons à travers ces petites pratiques apparemment anodines, mais nocives et préjudiciables à la cohésion sociale.

En effet, le marché du téléphone portable et des objets connectés marche à merveille et les grands producteurs internationaux de l’industrie numérique l’ont compris.

Soucieux de leurs seuls intérêts, ils ont très vite pris conscience que malgré son extrême pauvreté, l’Afrique détient à ce jour la plus importante proportion de jeunes, d’enfants, donc de potentiels utilisateurs du numérique.

 Or, le numérique et le digital par extension ont la particularité d’être des secteurs très attractifs grâce au pouvoir extraordinaire de l’image qu’ils véhiculent et de leurs capacités à transformer l’intelligence de l’homme. Hormis cet avantage, Ils attirent par leur complexité légendaire, attisent la curiosité et augmentent ce désir ardent d’y accéder et de s’en approprier chez une catégorie sociale psychologiquement fragile et soucieuse de la découverte.

 Du coup, le numérique présente pour ces barons du profit une masse de clientèle importante et des opportunités inépuisables à explorer pour booster leur business, indifférents aux effets délétères de ce secteur bon marché mais, oh combien empoisonné. 

Ainsi, à la vue de l’évolution actuelle de cette situation et de ses impacts négatifs sur le tissu social et sur le vivre ensemble, il Ya de quoi s’inquiéter.

Pour illustration, Sidiki Diakité avertissait déjà qu’il n’y a pas de « technologie neutre » d’où une alerte à la vigilance quant aux éventuels débordements par rapport à l’utilisation de ce médium dont le contrôle échappe à nos politiques, aux parents dans les cellules familiales, bref, à toutes les instances sociales et les cercles d’autorité qu’ils soient religieux, communautaires ou tout simplement culturels.

Notre société court le risque de tomber dans le piège de cette déflagration sociale en prenant le numérique pour une panacée.

Face à ce scénario, il urge de travailler dur et d’harmoniser les actions pour la promotion d’une culture plus citoyenne dans le domaine du numérique, de lutter contre le cyber piratage, l’indiscipline au niveau des réseaux sociaux, en mettant en place des programmes de restrictions aux récalcitrants et aux contrevenants, encadrer et faire un suivi très rapproché des utilisateurs  par la mise en place de plateformes de contrôle virtuel, bref concevoir des politiques et programmes d’enseignement sur l’éducation à un  numérique plus utile et accessibles à tous.

 Ghansou Diambang, Sociologue et travailleur social de formation

   77 392 86 58/ 76 847 75 99

    Email: gdiambang@yahoo.fr

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