Ukraine : La Russie reconnaitra les élections présidentielle et législatives de Donetsk et Lougansk

Les déclarations de la Russie selon lesquelles elle reconnaîtra les élections organisées dimanche prochain par les séparatistes de l’est de l’Ukraine sont susceptibles d’assombrir mercredi de nouveaux pourparlers sur le conflit gazier entre les deux pays.

Des élections présidentielle et législatives doivent se tenir le 2 novembre dans les deux Républiques populaires autoproclamées, de Donetsk et Lougansk.

“Nous reconnaîtrons bien entendu leurs résultats”, a déclaré mardi le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov. “Nous espérons que l’expression du peuple sera libre et que personne ne viendra tenter de la perturber de l’extérieur”, a-t-il ajouté.

Moscou qui, selon Kiev et les Occidentaux, soutient militairement l’insurrection armée prorusse n’avait pas formellement reconnu en mai les référendums d’indépendance organisés par les séparatistes, contrairement à celui qui avait permis deux mois plus tôt le rattachement de la Crimée à la Russie.

Mais pour le chef de la diplomatie russe, il s’agit de “légitimer les autorités” rebelles dans le cadre des accords de Minsk, qui ont permis un apaisement des combats sans y mettre fin complètement.

– Difficiles négociations gazières –

Ces déclarations ont été prononcées à la veille d’un rendez-vous qui s’annonçait déjà difficile: les pourparlers mercredi à Bruxelles visant à rétablir les approvisionnements de l’Ukraine en gaz russe, coupés depuis juin.

Cette nouvelle session de négociations se tiendra sous l’égide de l’Union européenne, en présence des ministres de l’Energie russe Alexander Novak et ukrainien Iouri Prodan, et du commissaire européen Günther Oettinger.

Si les deux parties se sont mises d’accord sur un prix provisoire, le règlement de la dette gazière ukrainienne reste une question épineuse et le ministre ukrainien des Finances, Olexandre Chlapak, a fait part de son “impression que personne ne veut se mettre d’accord”.

Le conflit risque de perturber les approvisionnements européens mais aussi d’aggraver la profonde crise économique et financière de l’Ukraine.

– Maintien des sanctions de l’UE –

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry a vivement condamné les déclarations de M. Lavrov. “Cela constituerait une violation claire des engagements pris par la Russie et les séparatistes lors des accords de Minsk”, a-t-il déclaré.

“Les États-Unis et la communauté internationale ne reconnaîtront pas les élections des séparatistes à moins qu’elles ne s’inscrivent dans le cadre de la loi de statut spécial adoptée” par les autorités à Kiev, a averti le responsable américain.

Le président ukrainien Petro Porochenko a également dénoncé les déclarations de Moscou qui “mettent en danger” le processus de paix censé régler un conflit ayant fait plus de 3.700 morts selon l’ONU.

De son côté, l’UE a décidé mardi de maintenir les sanctions prises contre la Russie pour son implication dans le conflit en Ukraine.

“Il n’y a actuellement pas de raisons pour changer les mesures restrictives de l’UE contre la Russie”, a indiqué une source européenne à l’issue d’une réunion des ambassadeurs de l’UE, ajoutant que cette décision avait été avalisée la semaine dernière par les dirigeants européens réunis à Bruxelles.

Dans ce contexte, la Pologne a décidé d’augmenter le nombre de ses soldats déployés dans l’est, frontalier avec l’Ukraine, a annoncé le ministre de la Défense, Tomasz Siemoniak, sans donner de chiffres.

– Porochenko devancé –

A Kiev, les partis pro-occidentaux sortis en tête des législatives de dimanche négocient la formation d’une coalition.

Après le décompte de presque 96% des voix, le Premier ministre Arseni Iatseniouk, aux positions fermes face à Moscou, semble en position de force, son Front Populaire arrivant en tête (22,2%) alors que les sondages à la sortie des bureaux de vote le plaçaient derrière le mouvement du président Petro Porochenko (21,8%).

Ces deux formations ont besoin d’autres alliés pour une majorité forte, notamment le parti Samopomitch (11%), composé de jeunes militants issus de la contestation du Maïdan.

Mais le leader de cette formation, Andriï Sadovy, a assuré qu’elle ne participait à aucune négociation pour l’heure.

Le Bloc d’Opposition des alliés de l’ex-président prorusse Ianoukovitch se maintient quant à lui dans l’assemblée avec 9,3%, à l’inverse du Parti communiste (3,8%).

La répartition exacte des sièges parlementaires ne sera toutefois pas connue avant le décompte total des voix dans les circonscriptions en raison d’un mode de scrutin complexe.

Source: RTLInternational

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