jeudi, octobre 21, 2021

Une micronation défend son « indépendance » en célébrant le plaisir et l’amitié en Uruguay

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Dans le quartier cossu de Punta Carretas à Montevideo se trouve la République de Parva Domus Magna Quies, une nation pas plus grande qu’une maison néoclassique entourée de « parcs » et d' »avenues ». Les citoyens parvenses se déguisent en cheikh, en pape ou en mousquetaire pour faire vivre cette nation minuscule.

Ils sont politiciens, médecins, avocats et se retrouvent régulièrement autour d’un dîner ou d’un déjeuner pour faire vivre leur petite république, à 100% masculine. Leur credo ? « Plaisir et amitié » comme le proclame l’hymne… micronational. Dans le quartier cossu de Punta Carretas à Montevideo se trouve la République de Parva Domus Magna Quies, une nation pas plus grande qu’une maison néoclassique entourée de « parcs » et d' »avenues » – en réalité un jardin avec des chemins de terre. 

« Les Parvenses viennent ici pour s’amuser, passer un bon moment, raconter des histoires, chanter, réciter des poèmes, pour que les problèmes de la république voisine restent là-bas », explique le président de la micronation, Bartolome Angel Grillo, en référence à l’Uruguay où il est par ailleurs un médecin réputé. Et les membres n’hésitent pas à se déguiser en cheikh, en pape ou en mousquetaire pour faire vivre leur nation minuscule qui, depuis plus de 140 ans, défend dans la joie et la bonne humeur son « indépendance » vis-à-vis de l’Uruguay. 

« Petite maison, grand repos »

La République de Parva Domus Magna Quies, « petite maison, grand repos » en latin, a été proclamée le 25 août 1878 par un groupe de pêcheurs amateurs qui avaient choisi ce terrain pour y déposer leurs cannes à pêche afin de ne pas importuner les passagers dans l’omnibus. Plus de quatorze décennies plus tard, les citoyens parvenses sont environ 90 et appartiennent désormais à la classe aisée de ce petit pays de 3,5 millions d’habitants.

Pourtant, tout n’est pas que partie de plaisir, il y a des « lois » dans la Parva Domus : « Nous ne parlons pas de religion, de politique et de sport, afin qu’il n’y ait pas de problème », explique M. Grillo, 83 ans. Et si quelqu’un se met en colère, il est envoyé dans une cage, la « prison » locale. La Parva Domus est néanmoins une démocratie, insiste M. Grillo. Les détenus ont droit à un avocat et à un procès équitable. Selon la « Constitution », une élection présidentielle est organisée tous les deux ans, et la nation a ses « ministres » et sa propre diplomatie.

La solidarité et la tolérance sont les choses les plus importantes dans la vie, et c’est le cœur de notre philosophie

Reconnue par personne d’autre que ses propres « citoyens », la micronation n’en a pas moins accueilli en 2017 une rencontre informelle entre des diplomates uruguayens et argentins en pleine dispute concernant la construction d’une usine de pâte à papier. « Nous avons de très bonnes relations avec la république voisine (l’Uruguay), même si parfois nous avons été sur le point de leur déclarer la guerre », plaisante « son excellence » Bartolome Angel Grillo. « La solidarité et la tolérance sont les choses les plus importantes dans la vie, et c’est le cœur de notre philosophie », explique le dirigeant dont la micronation n’a toutefois pas l’intention de lever l’interdit d’octroyer la citoyenneté aux femmes…

« C’est une société de personnes d’un certain âge, des gens meurent. Mais elle se renouvelle parce que des gens veulent la rejoindre », explique Arturo Sica, un citoyen de la Parva Domus depuis huit ans. Pour intégrer la nation, les nouveaux citoyens doivent être cooptés. A cause de la pandémie, ses membres ne se sont pas retrouvés physiquement pendant plus d’un an et la situation n’est toujours pas revenue à la normale. « Habituellement, pour fêter l’Indépendance, nous défilons à Punta Carretas avec nos costumes et des ambassadeurs étrangers peuvent être invités », raconte M. Grillo.

La maison néoclassique est devenue un intrus dans le quartier

Cette année, un simple dîner avec ceux qui ont pu venir a fait office de célébration. Le président a introduit un nouveau citoyen qui a montré ses talents de chanteur. Ensuite, les blagues, parfois grivoises, se sont succédé au micro. Au fil des ans, la maison néoclassique, où le nom de la nation est inscrit sur le fronton, est devenue un intrus dans ce quartier en plein développement. Tout autour, de grands immeubles résidentiels font de l’ombre à la micronation. Autrefois un terrain vague, le territoire parvense vaut aujourd’hui une coquette somme.

Mais pas question de vendre. « Il y a eu des offres d’agences immobilières pour l’acheter, mais c’est plus qu’un territoire ici », souligne Raul Santurio, pas peu fier d’avoir obtenu sa citoyenneté parvense il y a trois ans.

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