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Rencontres avec Museveni… : Akon accusé de servir la propagande officielle du régime ougandais

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Le rapprochement entre Akon et le régime Ougandais qui lui a fourni un terrain et toutes les facilités pour son projet de ville futuriste, fâche des associations de défense de droits de l’homme et les activistes locaux. Ces derniers, réunis en coalition, ont écrit à l’artiste international d’origine sénégalaise, pour lui signifier qu’il est en train de servir la propagande du régime, accusé de toute sortes d’atteintes aux droits de l’homme, et qui profite de sa notoriété pour blanchir son image.

Comme au Sénégal, Akon a un projet de ville futuriste en Ouganda. Et le 5 avril dernier, l’artiste international sénégalais s’est déplacé au pays de Yoweri Museveni, visite à l’occasion de laquelle, il a été reçu par ce dernier en grande pompe. A l’occasion de cette visite, le ministre ougandais du développement urbain, Isaac Musumba, avait annoncé aussi qu’un site de 256ha sera mis à la disposition de notre compatriote pour son projet. Le président lui-même s’est réjoui de l’intérêt du rappeur international pour son pays et des projets qu’il veut y mener. ‘’Je suis heureux de m’engager dans une telle discussion, qui élèvera notre peuple et l’Afrique dans son ensemble’’, a déclaré Museveni. Qui a traité Akon avec tous les honneurs, en le recevant deux fois. A chaque fois, le rappeur sénégalo-américain s’est déplacé en avion militaire, pour le retrouver, la première fois dans sa maison de campagne dans l’est du pays, et la seconde fois, dans son ranch, au centre de l’Ouganda.

«Son régime cherche à capitaliser sur votre prestige mondial pour blanchir son image…»

Toutefois, la réalisation dudit projet, et d’autres comme un festival de musique, ne risque pas d’être un long fleuve tranquille pour Akon. Et pour cause, des associations de défense des droits de l’homme sont remontées contre l’artiste, trouvant que c’est une manière de soutenir le régime en place, dont ils dénoncent les violations répétées des droits de l’homme et des règles démocratiques. Certains trouvent même que c’est injuste d’octroyer des centaines d’hectares à Akon, alors que des hommes d’affaires du pays, prêts à investir, peinent à avoir un lopin de terre. Convaincu que Akon, avec ce projet, ‘’aide à réhabiliter la réputation du président Yoweri Museveni’’, Human Rights Foundation et Vanguard Africa, dans une lettre conjointe, lui font savoir que son image est en train de servir la mauvaise cause. Museveni exploite votre rencontre avec lui à des fins de propagande officielle, alors que son régime cherche à capitaliser sur votre prestige mondial pour blanchir son image et détourner l’attention de sa dernière vague de répression’’,expliquent-elles.

En effet, à en croire les détracteurs de Museveni, au pouvoir depuis 35 ans, ce dernier ayant constaté le rayonnement médiatique mondial que le projet d’Akon a eu au Sénégal, veut lui aussi « profiter » d’une telle attention, pour son pays et surtout son régime. Ce qui détournerait les regards sur la situation des droits de l’homme et de la démocratie dans le pays. C’est pourquoi dans leur lettre, les droits de l’hommistes invitent l’artiste sénégalo-américain, à « préciser explicitement » qu’il ne soutient pas le régime de Museveni. Qui s’est illustré récemment, à l’occasion de la présidentielle qu’il a remportée avec 58,6% des voix, par des comportements dictatoriaux, avec la persécution de son principal opposant, Bobi Wine, dont l’épouse même n’a pas été épargnée. Lors de cette élection présidentielle, le régime, accusé de fraude massive, en plus des coupures d’Internet, avait fait preuve d’une rare violence contre les manifestants qui s’opposaient à son énième candidature.

Akon : «Honnêtement, cela ne me dérange pas…Tous les endroits du monde ne sont pas faits pour la démocratie»

En réalité, la visite du célèbre rappeur en Ouganda et son intérêt pour le pays est une véritable aubaine pour les autorités de Kampala. Non seulement pour le prestige du régime, très contesté et de plus en plus isolé à l’international, mais aussi pour renforcer les efforts visant à attirer des touristes. Pour Akon, le pays offre beaucoup d’opportunités. Et, n’en déplaise à ses détracteurs, le rappeur n’est nullement gêné de s’afficher avec Museveni, qu’il soit démocrate ou dictateur. ‘’Honnêtement, cela ne me dérange pas. Il est clair que la démocratie fonctionne différemment selon les endroits, et tous les endroits du monde ne sont pas faits pour la démocratie’’, a déclaré le chanteur à la chaine NBC. Et d’ajouter que le groupe d’investisseurs qui est avec lui, est prêt à répondre aux besoins de financements et que c’était de son « devoir d’aider le gouvernement (ougandais) à y arriver ». C’est dire que ce ne sont pas les critiques des organisations de défense des droits de l’homme et des activistes qui vont l’amener à faire marche arrière. En effet, en plus de son projet de ville futuriste en Ouganda et au Sénégal, où sa crypto monnaie (Akoin) aurait libre cours, Akon devenu un véritable homme d’affaires, scrutant les opportunités partout en Afrique, va aussi mettre en place en Ouganda, un grand festival de musique pour promouvoir les talents locaux. Ailleurs, il est dans l’énergie solaire avec son projet Akon Lightning Africa, lancé en 2014 dans plusieurs pays du continent. Récemment, il a aussi investi dans une mine de cuivre et de cobalt au Congo.

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