Les sites d’orpaillages traditionnels de Kédougou qualifiés de mouroir à ciel ouvert

Les mines d’or artisanales de Kédougou sont en passe de devenir un mouroir à ciel ouvert, en raison De nombreuses pertes en vies humaines sont enregistrées par an dans les mines d’or artisanales de Kédougou, suffisant pour certains observateurs de les qualifier de mouroir à ciel ouvert. Le drame survenu là-bas jeudi 1er novembre 2018, avec un orpailleur déclaré mort et plusieurs autres introuvables suite à un éboulement, n’est que le dernier cas d’une longue liste.

La série macabre des sites d’orpaillage continue. Zone aurifère située dans la région de Kédougou, Khossanto a été le théâtre d’un drame inoubliable,  jeudi 1er novembre. Et pour cause, selon plusieurs sources, «un site d’orpaillage traditionnel situé précisément dans la localité de Diakhaling s’est effondré au moment où plusieurs orpailleurs étaient à l’intérieur à la recherche de l’or». Des témoignages recueillis sur place par la presse locale font état de ce que les orpailleurs ont été à l’intérieur de la fosse qui s’est effondrée sur eux. A. M., orpailleur et témoin du drame, raconte : «C’est le bruit de l’effondrement que nous avons entendu et nous y avons accouru. Arrivés au niveau du trou, nous avons entendu  des cris venant de  l’intérieur». Le bilan provisoire fait état d’un mort et de plusieurs blessés. Jusque tard dans la soirée d’hier, un seul corps a été retiré des décombres. La victime identifiée au nom de M. S., 30 ans, se trouve être un jeune orpailleur d’origine malienne. Les secours sont toujours en cours pour trouver d’éventuels survivants à cet autre éboulement qui frappe cette zone aurifère du sud-Est du pays.

Enième du genre, ce drame n’est pas sans rappeler les cas précédents dans ces lieux où la recherche d’or fait converger des individus de divers horizons. Ces sites semblent devenir des endroits de non droit où les orpailleurs usent de tous les moyens, dans l’espoir de s’enrichir. Des dizaines de milliers d’orpailleurs travaillent dans ces sites non réglementés, souvent sans aucune sécurité. Dans cette recherche effrénée du métal précieux, des personnes y laissent leur vie, mortes ensevelies, suite à des éboulements. L’année 2013, on se le rappelle, a été la plus meurtrière. Trois cas ont été notés. Un orpailleur malien avait alors trouvé la mort dans le site d’orpaillage de Diyabougou, un autre s’en était tiré avec des blessures «graves». Et c’était le troisième éboulement constaté dans les sites d’orpaillage traditionnels de Diyabougou, de Soréto et de Sounkounkou.

La société civile, on s’en souvient comme si c’était aujourd’hui, avait à l’époque dénoncé avec fermeté la poursuite des activités dans ce site par des non nationaux, alors qu’un arrêté d’interdiction du gouverneur est en vigueur depuis les fameux affrontements mortels entre communautés malienne et burkinabé qui opèrent dans les sites d’orpaillage à Kédougou. La même année à Bakel, dans l’Est du pays, l’éboulement d’un orpaillage avait également causé un mort et des blessés. Et la série macabre s’est poursuivie en 2014, lorsque trois orpailleurs maliens ont trouvé la mort à Kharakhéna, village situé à environ 30 km de Saraya. C’était le dimanche 21 décembre 2014. Selon une étude réalisée il y a trois ans, on dénombre au moins trois accidents par jour liés aux éboulements.

WalfQuotidien

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