Le débat sur les taux d’intérêt est « sans fondement », dixit Mamadou Lamine Guèye

Les échanges sur les systèmes financiers décentralisés sont loin de faire l’unanimité dans la vision des économistes. Pour l’ex-président de l’Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés du Sénégal (Apsfd), Mamadou Lamine Guèye, ce débat est non fondées les critiques de ceux qui trouvent élevés les taux d’intérêt appliqués par les systèmes financiers décentralisés (Sfd).

Interrogé par Le Soleil sur le niveau des taux d’intérêt pratiqués par les Sfd, il estime que ce débat « est souvent mal alimenté par des gens qui connaissent mal le secteur et (…) n’ont aucun intérêt pour le secteur ».

« C’est juste par populisme qu’ils émettent des critiques sans fondement scientifique, économique ou financier », soutient-il.

L’ex-patron de l’APSFD estime qu’il faut au préalable se demander « par rapport à quoi » et à « quelle norme » ces taux sont jugés élevés.

Selon lui, l’explication tient au fait que « les institutions de microfinance transforment des ressources financières mises à leur disposition à un coût déterminé, pour dispenser du crédit à des acteurs économiques et des activités à risque, sans garantie réelle, avec une démarche de proximité reconnue et appréciée ».

« Sous ces conditions, pour que ces institutions puissent continuer à assurer leur fonction, il faut qu’elles génèrent les revenus minimums pour couvrir leurs charges », explique Mamadou Lamine Guèye.

Selon lui, la zone UEMOA fait partie de celles qui ont les plus bas taux d’intérêt au monde. « Les taux d’intérêt sont bien encadrés, admis et contrôlés par la BCEAO et il n’est pas permis à un Sfd d’aller au-delà des taux minima édictés », argue M. Guèye.

En dépit de cette situation, fait-il valoir, les institutions financières « continuent de faire des efforts pour réduire les taux d’intérêt appliqués à leur clientèle, notamment en faisant recours à la finance digitale et en travaillant à éliminer leurs points d’inefficacité ».

Il admet néanmoins que l’accès des populations aux services financiers demeure « une préoccupation du fait qu’une majeure partie n’a pas encore accès aux services financiers de manière générale ».

Mamadou Lamine Guèye souligne que « le Sénégal reste leader dans la sous-région, comparé aux autres pays de l’UEMOA, avec un nombre de clients de 2.782.279, soit un taux de pénétration, par rapport à la population, estimé à 18,8% ».

Il précise que « l’encours des dépôts s’élève à 307 milliards de francs CFA, avec un encours des crédits sains qui s’est établi 345 milliards de francs CFA ».

APS

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