Home Casamance Kolda « Le manifeste » (Par Mamadou Aliou Sow)

« Le manifeste » (Par Mamadou Aliou Sow)

Sous le regard triomphal des ministres des forces armées, de l’environnement et du développement durable et de l’intérieur, des populations assistent à l’envol de leur espoir en fumée noire. Les restes du « matériel de subsistance » charrettes, vélos, motos brûlent tranquillement. Une fumée nocive s’élève dans l’atmosphère assombrit le ciel. Les moments solennels de passe-passe de main à main du bâton de feu, tel était l’instant protocolaire. Une mission accomplie pour des autorités s’empressant de résultats. Toutefois pour les populations du Fouladou un gâchis  nuisible pollue l’air cérémonial devant l’environnementaliste.

Si pour eux, il s’agit du matériel de trafic dans la traque, pour les autres une nécessité quotidienne de survie. Du transport dans les travaux champêtres à l’acheminement des femmes enceintes à l’hôpital, ce matériel rend service. Il densifie le trafic intercommunautaire enclavé, ce matériel aide.

Cependant nous Koldois condamnons fermement le trafic illicite du bois au sud du Sénégal. Car nous sommes les premiers à subir directement les conséquences de la déforestation. Mais l’approche négociée par un fils Koldois n’enchante pas.

La lutte contre l’exploitation abusive de bois ne peut aboutir sans la mise en place d’activités génératrices de revenus pour les populations. Ces populations vivent avec ces ressources depuis des siècles. Terre vécue par leurs ancêtres, des générations se succèdent et  leur vie y est foncièrement  tributaire. Pour nous  il s’agit de sensibiliser les populations aux alentours de ces ressources. Arriver à les occuper par des activités intermédiaires en les appuyant dans l’agriculture (semence de qualité, matériels, intrants etc.). En les reconvertissant dans de nouveaux métiers par la formation qualifiante. Le tout par la création de l’emploi pour les jeunes permettra de réduire la forte pression exercée sur les forêts. Et considérer qu’au-delà de l’agriculture et de l’élevage, ces populations ne disposent pas de fleuve, d’usines ou de projets de lutte contre la pauvreté.

Par ailleurs qu’en est-il du matériel saisi dans les grandes villes dans le trafic de stupéfiants ? Nous voyons que le produits est détruit devant le petit écran mais les pirogues, camions, voiture de luxe 4X4 ne sont jamais calcinés. Donc cette même méthode devrait inspirer les auteurs de ces actes. Malgré tout une forêt ne peut ne pas être exploitée mais il s’agira d’une exploitation rationnelle des ressources forestières.

Nous nous attendions plutôt, en lieu et place de « brûler » à travers ces actions, lutter contre la corruption dans la délivrance des permis de conduire, de construire, coupe et circulation du bois en Casamance.

En définitive des Nations ont réussi à surmonter ces problèmes parce qu’elles ont adopté la notion de gestion intégrée des ressources naturelles avec les populations, qui sont les principales concernées à la gestion durable de leurs ressources.

Mamadou Aliou SOW, responsable de la cojer de Kolda.

 

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