Pour lutter contre l’influence des gangs au Honduras: l’État construit pour les enfants des plaines de jeux sous surveillance militaire

Construit par le gouvernement, le parc récréatif San José de la Vega se trouve dans une banlieue de classe moyenne du sud-ouest de la capitale… en plein coeur d’un territoire contrôlé par la Mara 18, l’une des bandes criminelles les plus redoutées du pays. Entouré de béton et de barreaux en fer, il est constamment surveillé par des militaires armés de fusils.

Les mineurs recrutés de force dans les gangs

La Mara 18, la Mara Salvatrucha (ou MS-13) et tant d’autres gangs font régner la terreur et recrutent par la force des mineurs au Honduras, au Salvador et au Guatemala. Le Honduras, en particulier, est considéré comme le pays le plus violent au monde, avec un taux d’homicides de 90,4 pour 100.000 habitants en 2012, selon l’ONU. En septembre, l’ONG américaine Casa Alianza rapportait que, depuis 1998, 9.641 meurtres ont été enregistrés chez les moins de 23 ans.

Un espace libre de violence

Pour faire face à ce fléau, le gouvernement a décidé de protéger les enfants en leur offrant un espace libre de violence. « Nous allons construire vingt parcs dans différentes zones du Honduras », explique à l’AFP Mariel Rivas, présidente de la fondation Convive, gérée par le gouvernement dans le cadre de sa politique de prévention de la violence.

« Fin février, nous allons inaugurer le parc de Chamelecon », selon le même principe que celui de San José de la Vega, mais cette fois près de San Pedro Sula (nord), deuxième ville du pays, elle aussi contrôlée par les « maras ».

Terrains de sport, pistes cyclables, palmiers

Avec ses pistes cyclables, ses terrains de basket et de football, sur un hectare d’espaces verts bordés de palmiers et de manguiers, le parc de San José de la Vega semble une véritable oasis, préservée de la violence.

A l’intérieur comme à l’extérieur, les militaires protègent les enfants d’une éventuelle attaque des gangs et font en sorte que personne n’entre de force dans l’enceinte.

Files d’attente à l’entrée des plaines de jeux

Plus de 500 enfants âgés de trois à cinq ans passent leurs journées dans cet endroit. Ceux qui sortent sont immédiatement remplacés par d’autres. De longues files d’attente se forment à l’entrée.

« Le parc est bien fait… Ici les enfants ne peuvent pas sortir jouer avec les voyous », raconte, assis sur un banc, un habitant de 80 ans sous couvert d’anonymat, tandis qu’il garde un oeil sur ses trois petits-enfants.

Angoisse permanente

Le quartier vit dans l’angoisse des « maras » et de leurs « casas locas » (maisons folles), dont les propriétaires ont été délogés et que les bandes armées utilisent pour couper leurs victimes en morceaux.

Les parcs de jeux, qui veulent préserver les enfants de cet environnement, ont été construits grâce aux fonds de la Taxe de sécurité, un impôt créé pour lutter contre la criminalité et prévenir la violence.

Lutter contre le narcotrafic

Leur installation n’est qu’un pan de la vaste stratégie annoncée par le président du Honduras, Juan Orlando Hernandez : aux frontières et sur les côtes, des « boucliers » aériens, maritimes et terrestres – des déploiements de militaires associés à l’agence anti-drogues des États-Unis – visent à lutter contre le narcotrafic.

Des opérations policières et des programmes de prévention ont aussi été mis en place dans les quartiers.

Le trafic de drogue, reponsable de 7 décès sur 10 au Honduras?

Selon le président, le trafic de drogue est responsable de sept morts sur dix au Honduras. Il affirme qu’en 2014, son action a permis de réduire le taux d’homicides à 66 pour 100.000 habitants, soit 20 de moins qu’avant.

Mais l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) se veut moins optimiste : elle calculait en décembre un taux de 103,9 homicides pour 100.000 habitants, soit 15 fois plus que la moyenne mondiale.

Source: RTLInternational

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