Idrissa Sow Goorkoodio et Abdourahmane Diallo : La poésie pour soigner les maux de la société

Ils se définissent comme des frères-jumeaux. Pourtant ces deux fils du Fouladou, en sus d’être issus du même terreau, n’ont en commun que leur amour pour l’écriture. La poésie à travers laquelle ils exposent leurs sentiments et ressentiments. Ils ont parlé de leurs œuvres respectives : Béssel ou le rêve brisé et Aux berges du savoir.

Natif de Vélingara où il a grandi et où il a fait ses études, Idrissa Sow Gorkoodio a dans sa jeunesse taquiné le ballon rond. Ce qui lui valait d’être étiqueté Platini du nom du footballeur français qui a émerveillé plus d’un féru du cuir. Mais en développant cet amour pour le football, Gorkoodio ne savait pas qu’au même moment sommeillait en lui une passion pour l’écriture. Il a fallu intégrer l’enseignement pour réveiller l’écrivain. Le poète qui était bien enfoui au plus profond de lui.

Professeur émérite qui a fait ses premiers pas avec le système du volontariat, il est actuellement en formation à l’Ecole normale supérieure devenue Fastef (Faculté des Sciences et Technologies de l’Education et de la Formation) pour passer à un niveau supérieur. Ce fils du Fouladou qui a dépassé le cap où il taquinait la plume veut obtenir son Cas-Caem (Certificat d’Aptitudes à l’Enseignement moyen). Mais en même temps, il trempe sa plume dans l’encre indélébile de son cœur et nous fait gouter aux délices d’Emma. Sa première œuvre, un recueil de poèmes dans lequel il dénonce la dépigmentation. Des échos de ce recueil réédité par les éditions Salamata du tonitruant Seydi Sow, Idrissa Sow prend conscience qu’il peut à travers l’écriture combattre ce phénomène. « Des femmes sont venues me dire qu’elles ont abandonné le Khessal apres avoir lu « Femm : miroir de la société » », fait-il remarquer. Dans sa troisième œuvre intitulée « Béssel ou le rêve brisé », Idrissa Sow Goordiooko s’essaie dans un autre genre, la Nouvelle mais à qui sait lire saura qu’un romancier est né, pour reprendre les mots de l’éditeur. Un ouvrage à découvrir sans attendre.

Idrissa Sow Goorkoodio et Abdourahmane Diallo : La poésie pour soigner les maux de la société

Son « frère-jumeau » et « mentor » Abdourahmane Diallo n’est pas en reste. Très ancré aux valeurs traditionnelles tout comme Gorkoodio, ce professeur latinisé, titulare de la licence es Lettres qui officie à Kolda comme principal du Collège Médina Chérif a déjà fait ses preuves dans l’éducation. Tout ce qui lui reste à faire, c’est de se payer une place de choix dans le monde restreint des écrivains de renommée. Et à lire ses œuvres dont la première intitulée « Les marécages de la Paix » sortie en 2008 et la deuxième « Aux berges du savoir », on serait tenté de croire que Abdourahmane Diallo est passé maitre dans l’art de faire de la poésie. Mais il ne pouvait en être autrement car son inspiration, il la tire des soubresauts de la crise casamançaise qu’il a vécus de pleins fouets. Pour avoir fait ses études secondaires à Ziguinchor, ce fils de Kounkané dit avoir toujours voulu coucher des vers sur la crise qui secoue le sud du pays depuis des lustres. Et il croit dur comme fer qu’à travers la culture, il est possible d’aller vers une paix durable dans cette partie du Sénégal. Selon lui, il suffit juste que les diversités culturelles dont regorge la Casamance soient acceptées par toutes les parties. Cela passe également à l’en croire, par la revalorisation des grandes figures du sud telles que Aline Sitoé Diatta (Zig), Fodé Kaba Doumbia (Sedhiou), Moussa Molo Baldé (Kolda). Cela dit, il tient à relever que son écriture part toujours d’une métaphore, c’est d’ailleurs pourquoi il a intitulé son premier ouvrage « Les marécages de la paix » qui illustre selon lui, les embuches disséminés un partout sur le chemin qui mène vers le retour de la paix en Casamance. Mais depuis l’avènement du président Macky Sall, Abdourahmane Sow, un militant de l’Apr, a noté une certaine évolution d’où son titre « Aux berges du savoir ». « On a l’impression que l’horizon s’est éclaircie », se veut-il optimiste.

A noter que ces deux poètes sont des soldats de la plume qui entendent au moyen de l’écriture participer au développement du Sénégal. Ce que confirme leur éditeur Seydi Sow qui n’est pas d’avis avec ceux qui prétendent que l’art ne nourrit pas son homme sous nos cieux. Le patron des éditions Salamata philosophe : « les gens qui disent que l’art ne nourrit pas son homme, ont à l’esprit que les nourritures terrestres, l’art nourrit bien son homme sur le plan spirituel. »

Ces deux œuvres seront présentées le 9 novembre prochain à la librairie « Quatre vents ».

Source: rewmi.com

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