Inquiétudes sur la situation « critique » en Haïti où des gangs menacent de « guerre civile »

Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est inquiété mercredi de la situation « critique » en Haïti, où un chef de gang a menacé d’une « guerre civile » si le Premier ministre Ariel Henry, de plus en plus sous pression, ne démissionnait pas.

Les bandes criminelles, qui contrôlent la majorité de la capitale Port-au-Prince ainsi que les routes menant au reste du territoire, s’en prennent ces derniers jours à des sites stratégiques de ce pays pauvre des Caraïbes, dont à plusieurs prisons d’où ont pu s’évader des milliers de détenus.

Face à cette escalade, le Conseil de sécurité s’est réuni en urgence mercredi après-midi. « On n’avait pas le choix, la situation est critique », a commenté après la réunion l’ambassadeur d’Equateur José Javier De la Gasca Lopez Dominguez.

La zone de l’aéroport Toussaint-Louverture a de nouveau été le théâtre d’affrontements entre les forces de sécurité et des gangs dans la nuit de mardi à mercredi, selon une source policière.

Un influent chef de gang, Jimmy Chérizier, a assuré mardi que si Ariel Henry ne démissionnait pas et si la communauté internationale continuait de le soutenir, le pays allait « tout droit vers une guerre civile qui conduira à un génocide ».

« Soit Haïti devient un paradis pour nous tous, soit un enfer pour nous tous », a affirmé cet ancien policier, surnommé « Barbecue ».

En plein état d’urgence et couvre-feu nocturne, et alors que les administrations et les écoles restent fermées, beaucoup tentent de fuir les violences avec leurs peu d’affaires sous le bras, les autres ne s’aventurant dehors que pour acheter l’essentiel.

Les groupes armés disent vouloir renverser le Premier ministre nommé par le président Jovenel Moïse juste avant son assassinat en 2021, et qui aurait dû quitter ses fonctions début février.

Le pays, actuellement sans président ni parlement, n’a connu aucune élection depuis 2016.