Des milliers de personnes ont défilé mardi dans les rues de Bruxelles pour dire « non » à l’austérité et « oui » à la justice sociale, à l’appel de la Confédération européenne des syndicats (CES). Venus des quatre coins de l’Europe, les syndicalistes portaient un message commun: « il ne peut y avoir de retour à l’austérité ».
Depuis des mois, les ministres européens des Finances négocient la réforme du Pacte de stabilité et de croissance, dont les mesures budgétaires avaient été suspendues en 2020 pour permettre aux 27 le « quoi-qu’il-en-coûte » face à la pandémie du Covid, puis la guerre en Ukraine.
Ce cadre budgétaire – même réformé – imposerait tout de même à la Belgique « un effort budgétaire annuel de 0,7 % du PIB par an, soit 28,8 milliards d’euros d’économies au cours des quatre à sept prochaines années », a pointé mardi la secrétaire générale de la CSC, Marie-Hélène Ska.
« Ce n’est pas un hasard que la France, la Belgique ou encore l’Italie soient présentes aujourd’hui. À l’instar d’autres pays endettés du sud de l’Europe, ils seront les plus vivement frappés par ce cadre budgétaire et devront largement couper dans leurs dépenses publiques », a expliqué la secrétaire générale de la CES, Esther Lynch.
À mille lieues d’une « Europe de l’austérité, nous avons au contraire besoin d’une Europe du progrès social, constituée d’États membres en mesure d’investir dans leurs services publics », a insisté le secrétaire général de la CGLSB, Olivier Valentin.
Si la réforme du Pacte devait advenir et les mesures budgétaires êtres réintroduites, la Confédération européenne des syndicats enjoint aux représentants européens de voter une réforme « en profondeur, sans se contenter d’ajustements mineurs ».
« Il n’y a rien d’inévitable. Il s’agit avant tout de choix politiques, et les responsables payeront le prix de tout potentiel retour à l’austérité lors des prochaines élections européennes », affirme Esther Lynch.

