L’an 1 Covid-19 : les héros sanitaires, exploités, exposés… immunisent malgré tout

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Il était une fois, un lundi 02 mars, le Sénégal a annoncé son premier cas de coronavirus. C’était un homme qui a séjourné en France en février avant de revenir au Sénégal et qui a été mis en quarantaine à Dakar. C’est par lui que la maladie du coronavirus est entrée au Sénégal. Tous les passagers qui étaient à bord de cet avion Air Sénégal à destination de Dakar en provenance de Paris ont été recherchés par les autorités sénégalaises et ensuite mis en quarantaine. Un an déjà, que ce virus règne faisant des ravages partout, et même si ce pays fait partie de certains dans le monde qui ont enregistré les plus faibles pourcentages de décès liés à la Covid-19.

Détermination du personnel soignant

Au Sénégal comme ailleurs, c’est un engagement professionnel et personnel pour les médecins, infirmiers, mais aussi laborantins, personnel de ménage, ou encore bénévoles dans les centres d’analyses, de traitement, de confinement. Ils passent des journées à rallonge, dans un contexte risqué, entre brutalité de la maladie, réorganisation au pas de charge, craintes des pénuries et des contaminations. Et pourtant, cela ne les ébranle en aucun cas, bien au contraire, ils se surpassent chaque jour pour sauver des vies.  

En raison de leur persévérance, le président de la République, Macky Sall a rendu hommage au personnel médical qui travaille jour et nuit pour soigner les personnes atteintes par le Coronavirus. « Un personnel médical et paramédical dévoué est au front d’une lutte sans merci contre la Covid-19, pour notre salut. À tous ces braves hommes et femmes, je renouvelle mes remerciements et mon soutien dans ce combat risqué contre un ennemi vicieux, mortel et invisible à l’œil nu », a déclaré le Chef de l’État.

D’ailleurs, ce fut de même partout dans les médias et la presse. Plusieurs sénégalais avaient relayé sur les réseaux sociaux un appel à applaudir symboliquement le personnel soignant. Cependant ces « héros » nationaux comme les surnomme la population, sont confrontés en permanence à de nombreux maux et risques dans l’exercice de leur travail. 

Les failles du système  -“exposition” et “exploitation” du personnel soignant

La gestion actuelle de l’épidémie de Covid-19 au Sénégal est venue remettre en cause deux éléments fondamentaux du système sanitaire : le principe de démocratie sanitaire, avec une hyper centralité des tests de diagnostic et de la prise en charge ; et l’implication des agents communautaires de santé dans les activités de soins au niveau le plus décentralisé, dans un contexte marqué par l’insuffisance et l’inégale répartition des ressources humaines qualifiées. Il est apparu que les agents de santé communautaire dont les « rémunérations » sont tirées des recettes des structures de santé restent des exclus du système. Ceux-là qui disent « tout faire » ; ceux-là qui  s’occupent des consultations, prennent des tours de garde, remplacent les infirmiers et autres personnels qualifiés absents ou débordés, responsables de services dans les postes de santé, pour ce citer que ceux-là, ont tendance à être relayés au second plan pour la préparation dans ce contexte d’épidémie ainsi que du plan de contingence économique et sociale.

 Selon un médecin, chef de centre de santé, il est proposé une « motivation » de 50 000 francs CFA aux médecins et de 30 000 francs CFA par mois pendant six mois aux infirmiers engagés dans la prise en charge de la Covid-19. On peut alors craindre une désaffection des structures périphériques de santé par les agents communautaires qui vont assurer la continuité des services de soins au moment où le risque de contamination est réel du fait du nombre de cas qui se multiplient.

Au-delà de la motivation financière, ils ne sont pas concernés par les formations sur la détection des cas, la manipulation des équipements de protection qui ne sont destinés qu’aux personnels qualifiés.

Les équipements de protection iront prioritairement à ceux qui sont jugés plus exposés c’est-à-dire, les médecins et infirmiers, oubliant ceux qui accueillent, reçoivent, orientent et parfois traitent les communautés. Aujourd’hui, sait-on combien de soignants sont contaminés ? Combien d’agents de santé communautaires sont concernés ?

-Précarité dans les systèmes sanitaires  

L’épidémie de Covid-19 révèle certes les inégalités structurelles comme le manque de reconnaissance, l’insuffisance et inégale répartition des ressources matérielles, entre personnels soignants. Mais, plus encore, elle met à nu la précarité sociale et sanitaire, des agents de santé communautaire qui sont les acteurs de la démocratie sanitaire.

Avec l’augmentation du nombre des cas positifs, il est temps de repenser les stratégies de prise en charge et de réponse à la crise sanitaire en fonction de la réalité des contextes des structures de santé, des normes pratiques en cours dans les structures de santé et de l’implication particulière de tout agent engagé dans la santé des plus pauvres.

Il s’agit là d’une question de justice sociale et d’équité dans le traitement des soignants. De plus, pour une détection précoce des cas, pour la surveillance des « cas contacts » et même pour le traitement des malades qui ne présentent pas des signes graves, les agents de santé communautaire, du fait de leur proximité avec les populations et de leurs savoirs expérientiels, pourraient constituer un atout pour la décentralisation de la prise en charge de la Covid-19.

Plus que le manque de résilience ou la défaillance des systèmes de santé, face aux urgences sanitaires, l’épidémie montre les tares d’une gouvernance sanitaire extravertie et dépendante.

Vaccination

Alors qu’au niveau international des appels de personnalités comme Antonio Guterres, secrétaire général des Nations Unies, et Emmanuel Macron, président de la République française, se multiplient pour une mise à disposition dans les meilleurs délais de vaccins anti-Covid-19 au profit des pays pauvres indépendamment des dispositifs comme Covax, les pays africains ouvrent les uns après les autres leur séquence vaccination en se faisant livrer les premières doses. Pour l’essentiel, celles-ci sont souvent russes (Spoutnik V) ou chinoises (Sinopharm), conduisant à des commentaires sur une diplomatie du vaccin. Ainsi, de ces deux vaccins, le Sénégal a choisi celui chinois.

En effet, c’est le mercredi 17 février 2021 que le Sénégal a reçu 200 000 doses du vaccin contre la Covid-19 du laboratoire chinois Sinopharm, ce qui doit lui permettre de lancer d’ici à la fin février une campagne de vaccination des personnes à risque. La cargaison partie de Chine est arrivée dans la soirée à bord d’un avion de la compagnie nationale Air Sénégal, selon des images de la télévision nationale RTS.

-lancement de la campagne de vaccination

Le ministre sénégalais de la Santé et de l’Action sociale, Abdoulaye Diouf Sarr, a annoncé que la campagne nationale de vaccination contre la covid-19 sera lancée mardi prochain. Ce, après la réception mercredi soir de 200.000 doses du vaccin chinois Sinopharm.

Il a fait savoir que les vaccins sont là au niveau de la Pharmacie nationale d’approvisionnement (Pna), qui est le dispositif de conservation et de distribution sur l’étendue du territoire, avant de le féliciter pour son engagement.

Pour Diouf Sarr, ce qu’il faut noter, c’est que dans l’urgence, dès lundi, la Commission nationale de suivi et de contrôle des opérations de vaccination sera installée. Il a estimé qu’il faut que les opérations se fassent dans la « rigueur et dans la transparence ».

Le Sénégal a officiellement démarré mardi la première phase de sa campagne de vaccination contre le nouveau coronavirus. Avec cette « phase d’urgence » de la vaccination, lancée avec le vaccin chinois de Sinopharm, les autorités sanitaires ambitionnent d’immuniser 20% de la population.

Cette phase concerne les personnels de santé en première ligne, les personnes âgées de plus de 60 ans et celles vivant avec des comorbidités.

Le ministre de la Santé et de l’Action sociale, Abdoulaye Diouf Sarr, a souhaité donner l’exemple en recevant la première dose devant la presse depuis son ministère à Dakar.

D’autres personnalités politiques et des personnels de santé ont été aussi vaccinés.

200.000 doses du vaccin Sinopharm ont été distribuées dans les 14 régions du pays. Il a invité ses compatriotes à poursuivre la lutte contre le virus avec le respect des gestes barrières, le port systématique du masque, le lavage régulier des mains et à éviter les rassemblements.

Le ministre a par ailleurs annoncé que le président Macky Sall était en train de négocier avec la Russie pour recevoir le vaccin Spoutnik V. De plus, dans le courant du mois de mars, le Sénégal recevra son premier lot de l’initiative Covax.

Abdoulaye Diouf Sarr a de plus annoncé que son pays, au nom de la solidarité africaine, allait mettre à la disposition de la Gambie et de la Guinée-Bissau 20.000 doses de vaccin, soit 10% de son premier lot de 200.000 doses acquis auprès de Sinopharm.

Pour rappel, depuis la confirmation du tout premier cas d’infection le 2 mars 2020, le Sénégal a comptabilisé à ce jour 34.732 cas, dont 29.161 patients guéris et 880 décès.

DakarActu

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