Voici l’étonnante étape 1 de la fabrication d’un toit écologique à l’ancienne (vidéo)

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Sous une tempête de neige sur la lagune de la Vistule au bord de la mer Baltique en Pologne, une moissonneuse spécialisée fait tomber comme des allumettes des roseaux qui recouvriront ensuite les toits à l’ancienne à travers l’Europe entière.

« On fait des toits en roseaux depuis la nuit des temps. Partout où il y avait des réservoirs d’eau et des champs de roseaux, ces derniers étaient exploités pour recouvrir des toits car c’est un très bon isolant, de bonne qualité et économique », explique à l’AFP Ryszard Zagalski, propriétaire d’une ferme spécialisée en roseaux, située à Jagodno, près d’Elblag. « Cependant, depuis bien des années, ils ont été un peu oubliés comme matériaux de toiture » explique-t-il, « ils ont été à tort considéré comme un synonyme de pauvreté et le métier de couvreur de toit en roseaux a pratiquement disparu depuis les années 1950. »

Pourtant, les roseaux constituent un très bon isolateur naturel, sont très résistants et durables. « J’ai déjà vu des roseaux presque centenaires sur des toits en Suède. En temps normal, si on les pose en respectant les normes technologiques, la durée de vie d’un toit est surement de plus de cinquante ans à condition de l’entretenir régulièrement », explique M. Zagalski.

Pour que les roseaux puissent être posés sur un toit, il faut qu’ils aient un an d’âge, soient droits et minces. Trois personnes s’affairent sur la moissonneuse qui parcourt des kilomètres sur les berges de la lagune de la Vistule. Un ouvrier conduit, un autre récupère les bottes toutes faites, et le troisième les pose sur une plate-forme. Une fois à l’usine, les roseaux sont triés, puis rapidement envoyés à l’acheteur.

Comme tout marché, celui des roseaux a aussi été bouleversé par la concurrence chinoise. « Il y a eu une période où les roseaux chinois ont envahi et démoli le marché européen. Certains de mes collègues n’ont pas résisté à cette concurrence », explique-t-il.

Seules une petite dizaine de sociétés de ce genre existent aujourd’hui en Pologne et la grande majorité des roseaux partent vers l’étranger. M. Zagalski envoie sa production en Allemagne, aux Pays-Bas, au Danemark, en Suède. « Nos roseaux ont une très bonne marque due à une très grande longévité », explique-t-il.

Les roseaux sont surtout 100% écologiques et biodégradables. « Quand viendra l’heure d’enlever les roseaux d’un toit, il suffira de les transporter dans un champ, de les enfouir dans la terre et ils seront recyclés », souligne M. Zagalski, « alors que personne n’a encore imaginé comment recycler les matériaux qui sont sur les magnifiques toits que l’on produit aujourd’hui et cela va sûrement causer de grosses inquiétudes ».