« L’immortalité, valeur refuge », « Au revoir »: les petites phrases de Valéry Giscard d’Estaing

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L’ancien président Valéry Giscard d’Estaing est décédé mercredi soir « des suites du Covid » et ses obsèques se dérouleront « dans la plus stricte intimité », a précisé sa famille dans un communiqué.

Voici quelques formules et petites phrases de Valéry Giscard d’Estaing :

« Oui mais » 

– 10 jan 1967: Il définit sa position dans la majorité gaulliste par la formule « oui, mais ». De Gaulle répond le lendemain: « On ne gouverne pas avec des mais ».

– 17 août 1967: Critiquant « l’exercice solitaire du pouvoir » du général de Gaulle, il affirme que « l’autorité du président de la République ne doit trancher qu’après les délibérations nécessaires ».

« Le monopole du coeur »

– 22 avr 1974: Se lançant dans la campagne présidentielle, il déclare: « J’ai dit que je voulais regarder la France au fond des yeux, mais je voudrais aussi atteindre son cœur ».

– 10 mai 1974: Lors du débat télévisé de l’entre-deux tours, il interrompt son adversaire: « Vous n’avez pas, Monsieur Mitterrand, le monopole du cœur, vous ne l’avez pas ».

– 1974-1981: Au cours de son septennat, il développe trois concepts : « La France doit être gouvernée au centre » avec le soutien de « deux Français sur trois » pour construire une « société libérale avancée ».

– 27 jan 1978: « Je suis venu vous demander de faire le bon choix pour la France », lors des législatives de mars.

« Au revoir » 

– 5 mai 1981: Débat d’entre-deux tours. « M. Mitterrand, vous gérez le ministère de la parole depuis 1965 et moi je gérais la France ». « Vous êtes l’homme du passé ». A quoi le candidat socialiste réplique: « et vous, l’homme du passif ».

– 19 mai 1981: A la télévision, il adresse un « message de départ » aux Français, qu’il conclut sur un sinistre « au revoir », avant de se lever et de quitter le studio en direct devant la caméra qui filme son fauteuil vide.

– 17 déc 1981: Après son échec à la présidentielle qu’il imputera pour partie à la « trahison » de Jacques Chirac: « J’ai jeté la rancune à la rivière ».

« L’invasion » 

– 11 juin 1991: « J’ai connu des chefs d’État qui mentent », mais « je ne crois pas avoir jamais dit une chose qui fut fausse ».

– 21 sept 1991: Au Figaro-Magazine : « Le type de problème auquel nous aurons à faire face se déplace de celui de l’immigration vers celui de l’invasion ». Il recommande de « revenir à la conception traditionnelle de l’acquisition de la nationalité française: celle du droit du sang ».

« L’immortalité, valeur refuge »

– 25 sept 2001 : Persuadé que la candidature Chirac peut être handicapée par les affaires, il se dit prêt, peu gêné par ses 75 ans: « J’ai l’âge du Premier ministre chinois, l’homme le plus populaire dans son pays ».

– 15 déc 2004 : Reçu à l’Académie française à 78 ans: « A mon âge, l’immortalité est devenue une valeur refuge ».

– 21 avril 2005: Le projet de Constitution européenne « est un texte facilement lisible, limpide et assez joliment écrit. Je le dis d’autant plus aisément que c’est moi qui l’ai rédigé ». Il ajoutera: « C’est une bonne idée d’avoir choisi le référendum, à condition que la réponse soit oui ».