Déficit de personnel sanitaire qualifié, l’Etat avoue son indigence

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Le ministère de la Santé et de l’Action sociale a reconnu le déficit de personnel sanitaire qualifié. En effet,  faisant le point mensuel de la situation de la Covid-19 au Sénégal, le samedi dernier, Pr Mamadou Diarra Bèye, directeur du Samu national, a indiqué qu’ils font face à un problème de ressources humaines qualifiées pour la prise en charge des patients.

Même si le ministre de la Santé et de l’Action sociale, Abdoulaye Diouf Sarr ne le dit, le manque de spécialistes notamment des médecins anesthésistes et réanimateurs est l’une des difficultés qui ont plombé la lutte contre la Covid-19. Intervenant samedi dernier, lors du point mensuel de la pandémie au Sénégal, Pr Mamadou Diarra Bèye, directeur du Samu national a affirmé que «on a été confronté à un problème de ressources humaines qualifiées. C’est tout à fait normal, parce qu’il manque de façon importante, ce n’est pas seulement au Sénégal mais aussi pour les autres pays, ce personnel qualifié, notamment des médecins anesthésistes et réanimateurs. Ce qui fait que dans certaines régions, ces spécialistes ont été seuls et ils ont fait le travail seuls».

Pour combler ce gap Pr Bèye indique que, dernièrement, une mesure importante a été prise. Il s’agit de «capaciter» des jeunes médecins généralistes en soins intensifs qui vont être recrutés. «Nous allons collaborer avec les autres collègues réanimateurs et le Samu national pour former ces médecins généralistes au nombre de 100 qui vont appuyer les Centres de traitement épidémiologiques (Cte) dans la prise en charge de ces cas graves», déclare le patron du Samu national.

Auparavant Pr Mamadou Diarra Bèye a rappelé qu’après une nette augmentation ces derniers mois entre le 3ème et le 5ème mois, il a été  constaté que les cas sévères ont baissé le dernier mois. Idem pour les décès. On estime à 526 le nombre de patients admis dans les structures sanitaires en situation de détresse avec un taux de décès de 28 % à la date du 4 août. Pas plus tard que le vendredi dernier, informe-t-il, le nombre de cas graves était à 682 patients. Pour Pr Bèye, l’âge moyen concerne toujours les patients âgés supérieurs à 60 ans et 65 ans. «Même si on a noté une baisse des cas positifs et sévères ce dernier mois, je pense qu’il y a la nécessité de maintenir encore le niveau de vigilance, renforcer les moyens de prévention et de limiter la propagation du virus. C’est l’occasion de renforcer aussi la vigilance par rapport aux attroupements et aux cérémonies. Nous avons noté l’ouverture des écoles et des universités, nous demandons aux populations de renforcer ces moyens pour pouvoir faire barrage à ce virus», termine Pr Mamadou Diarra Bèye.

A en croire Dr Amadou Alpha Sall, directeur de l’Institut Pasteur de Dakar (Ipd) depuis 6 mois, 127 896 échantillons ont été testés par l’Ipd dont 83 303 au niveau du laboratoire central et 44 593 dans les laboratoires décentralisés. De son avis, la décentralisation des moyens de diagnostic permet une détection précoce visant à améliorer la prise en charge des cas et l’identification des foyers qui permet de renforcer l’approche communautaire dans la lutte.

Pour Dr Marie Khemesse Ngom Ndiaye, directrice générale de la Santé publique, le grand défi reste, aujourd’hui, la détection rapide et le suivi adéquat des cas graves. Selon elle, la prise en charge de la Covid-19 s’accompagne toujours d’un approvisionnement correct en médicaments. La patronne de la Santé publique affirme que, depuis l’ouverture des frontières, certains pays dont le nôtre exigent la présentation d’un certificat de test négatif. C’est ainsi qu’en plus de l’Iressef et de l’Institut Pasteur de Dakar, ceux de Le Dantec, de l’hôpital militaire de Ouakam, du laboratoire de santé publique de Thiès sont enrôlés dans le dispositif pour accompagner les voyageurs sortants.

WalNet

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