Nécrologie Mohamed Jean Pierre Leurs n’est plus, l’effondrement d’une belle scène

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Ils sont nombreux à être dévastés en apprenant le rappel à Dieu du talentueux metteur en scène Mohamed J-P Leurs. La presse, le stylisme, le théâtre, la musique, la religion, tout le monde appréciait son génie et son ouverture d’esprit.

L’homme mérite ces quelques lignes d’hommage pour service rendu à une génération. Jean-Pierre Leurs était l’ami de plusieurs acteurs culturels et professionnels des médias qui savait ce qu’il fallait dire, quand le dire mais surtout comment le partager.

Avec sa mort, c’est toute une scène qui s’effondre. Je témoigne sur l’honneur et sur nos rencontres espérant que ma mémoire ne flanchera pas, avant d’inviter la relève à pérenniser l’héritage. Des souvenirs se bousculent encore dans ma tête. Celui qui passe pour l’un ou, le plus grand metteur en scène africain était courtois avec nous. Nous, Reporter polyvalent des années 95-2010. De Saint-Louis avec le fanal, à Ziguinchor au Fesnac, Tambacounda, Thiès, Kaolack ou Dakar, l’expert de la mise en scène teintée de sons et lumières savait toucher les sens des spectateurs. Une belle mission qui semble être bien accomplie aussi bien dans l’écriture, dans le théâtre, la danse et la formation des jeunes de cet art.

JP LEURS fascinait beaucoup. Il savait allier les chorégraphes aux batteurs, les éclairagistes aux opérateurs son. Je ne l’ai pas suivi hors du pays, dans ses pérégrinations mais, dans 12 régions au moins, pendant deux décennies, j’ai vu l’homme à l’œuvre.

Certains diront que « La tragédie du Roi Christophe » livre d’Aimé Césaire qu’il a su interpréter reste un chef-d’œuvre parmi ses plusieurs satisfécits, pourtant, à mon avis ses prouesses dans les grands rendez-vous culturels avec la complicité de ses équipes au Gamou, aux défilés de modes, aux festivals étaient fantastiques.

Je ne connaissais pas l’homme de près, cependant, je l’ai vu et tendu mon microphone plusieurs fois. Il était beau derrière ses lunettes, son

Un de ses nombreux coups de maître en qualité de reporter, d’envoyé spécial, et de correspondant était au festival de jazz, à l’arrivée de Jacques Chirac à Saint-Louis. Ousmane Masseck Ndiaye fut maire, au Fanal de Marie Madeleine Diallo. Il m’a séduit aussi à Kaolack puis à Tambacounda au stade municipal.

Ma grande rencontre avec lui s’est déroulée à Ziguinchor. Nous étions en 2001 puis en 2003. En décembre 2001, le Festival national des arts battait son plein quand soudain la nouvelle de la disparition de Léopold Sédar Senghor tomba. La délégation de la région de Saint-Louis que j’accompagnais, Awa Cheikh Diouf directrice du centre culturel régional Abdel Kader Fall, de l’époque, Moustaph Ndiaye, Alioune Badiane, Mme Diop Marianne, ses collaborateurs s’occupaient de consolations et d’explications à des artistes meurtris par cette information-annulation très brusque.

En accord avec les autorités administratives et culturelles, les festivaliers décidèrent d’interrompre les festivités pour porter le deuil, tous envisagèrent, de reprendre date et retourner à Ziguinchor plus tard. À cet effet, dans la capitale du Sud que se préparait le rendez-culturel qui a étalé le riche patrimoine matériel et immatériel du pays. M. LEURS était de ce rendez-vous manqué. Au stade Aline Sitoé Diatta, c’était lui qui dirigeait les répétitions, les réglages, les installations avant et post event. Jeunes et dynamiques journalistes nous suivions M. JP LEURS pour une synthèse avant de quitter les abords de la pelouse. Jean Pierre LEURS savait répondre au mot.

Lors de ces festivités du FESNAC (Festival national des arts et de la culture), l’avoir en interview JPL avant d’envoyer son papier était comme un scoop. Dans les relations avec nos différentes rédactions, il fallait rencontrer soit M. Demba Ndiaye (que j’ai perdu de vue) directeur du festival, Alassane Fall, conseiller technique, chargé de communication, ou d’autres responsables du ministère de la culture, des chefs de délégations issus des conseils régionaux. Du 18 au 23 décembre Ziguinchor était à la loupe sur ma rédaction.

DakarActu

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