ANIMATION DES MEETINGS AU FOULADOU : Les artistes locaux snobés!

Une campagne électorale terne au Fouladou. Nombreux sont ceux qui font le constat dans la région de Kolda, notamment les artistes locaux. En effet, ici, les rares meetings sont organisés avec  de la sonorisation puissante qui ne laisse aucune place aux artistes sur place.

Fini  les tam-tams et autres «ritis» et «gnagnérou» (des instruments traditionnels de musique) pour chanter les louanges des candidats, de leurs représentants. Kolda qui se rappelle encore de belles voix d’artistes comme Yama Néné, Mamadiyel Gano, ou du «jamba dong» (danse des feuilles) avec feu Mampathé Seydi. Tout cela est presque terminé.

Mariama, une femme âgée regrette qu’il en soit ainsi.  «Oui ! Il y avait de grandes animations avec des griots, des chansons dédiées aux leaders. Personne ne pouvait envisager une campagne (électorale) sans des griots. Oui, des artistes de talents. Mais, aujourd’hui, ce sont des véhicules avec des grands baffles qui assurent l’animation des meetings. Il n’y a pas de spectacles, ni de spontanéité.» Or, la spontanéité, c’est l’essence même de la création artistique. La trouvaille actuelle, c’est des promenades en véhicules, équipées de matériels de sonorisation, dans les différents quartiers appelés porte-à-porte, ce qui n’est pas pour aider les artistes.

Au Fouladou, il y a présentement beaucoup de jeunes artistes talentueux: Mokoba, Mc Baleedjio, RoZen, Zico, Of King, entre autres. Ils font partout foule. Certes, ils sont jeunes, mais souvent bien instruit. Ils n’acceptent pas certaines choses. Mais ils sont artistes.

Le meeting de Bennoo Bokk Yaakaar, sous l’égide du coordinateur national du P2RS, Younoussa Mballo, à Sinthian Tountouroun à Kolda commune, le lundi 11 février dernier, a été l’exception. Et la rencontre a été très riche en sons et en couleurs. Des jeunes artistes, notamment les petits enfants de Sana Seydi, ont étalés tous leur talent.

Des citoyens qui avaient l’habitude d’entendre ces voix dans les différentes radios locales ont pu mettre des visages sur ces talents bruts. D’ailleurs, pour eux, il n’est pas surprenant qu’aucun des candidats, du moins les 4 qui sont passé au Fouladou en attendant Ousmane Sonko attendu, hier mercredi, n’a parlé de sa politique culturel à Kolda.

Pire, les candidats, pour l’essentiel, se déplace avec des griots qui ne laissent aucune chance aux artistes aux locaux. Ils arrachent le micro central pour dérouler souvent une musique sans saveur. Abdou DIAO / KoldaNews

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