Le fil du Coup d’Etat avorté au Gabon

Le calme est revenu en terre gabonaise après une journée plein de rebondissements suite à une tentative de Coup d’Etat avortée. Au Gabon, des militaires se sont emparés de la radio nationale ce lundi 7 janvier au matin. Dans le discours prononcé par un lieutenant, ils ont dénoncé le message du président Ali Bongo retransmis le 31 décembre dernier depuis le Maroc, où il est en convalescence après avoir subi un accident vasculaire cérébrale. Le groupe de militaires disait vouloir mettre en place un « conseil de la restauration ». Le chef du groupe, qui a prononcé l’appel au soulèvement à la radio, a été arrêté et deux membres du commando ont été tués. 

Au Gabon, des militaires ont investi ce 7 janvier vers 4h du matin les locaux de la Radiotélévision Gabonaise (RTG), à Libreville, la capitale.

Des images montrent des soldats coiffés de bérets verts et munis de fusils d’assaut. Le lieutenant Kelly Ondo Obiana, qui se présente comme le commandant adjoint de la garde républicaine, a fait part de sa frustration suite au message prononcé la semaine dernière par le président Ali Bongo à l’occasion du Nouvel An. Il a appelé les Gabonais à investir les édifices publics et les aéroports.

Dans la matinée, les forces de sécurité ont pris d’assaut le bâtiment, abattant deux membres du commando et libérant les cinq journalistes retenus en otages. En fuite, le lieutenant Kelly Ondo Obiang a finalement été arrêté.

Les autorités affirment maîtriser la situation. Cependant, Internet et les réseaux sociaux restent coupés. Les rues de Libreville sont restées vides, les boutiques fermées.

L’Union africaine, mais également d’autres chefs d’Etat africains tels que Idriss Déby Itno, président du Tchad et président en exercice de la CEMAC, ont condamné cette tentative de putsch et assuré Ali Bongo de leur soutien. De son côté, la France a condamné toute « tentative de changement de régime extraconstitutionnel ».

18h00 : La nuit est tombée à Libreville où le calme règne désormais. Il n’y a pas de couvre-feu annoncé et la télévision nationale a repris ses programmes. Selon les autorités, la situation est sous contrôle. En revanche, Internet et les réseaux sociaux sont toujours coupés.

Dans l’après-midi, le ministre de la Communication Guy-André Mapangou a affirmé que les insurgés avaient été maîtrisés et deux d’entre eux tués : un gendarme et un membre de la garde républicaine. Les autres mutins, dont le lieutenant Kelly Ondo Obiang, ont été arrêtés et sont à la disposition du procureur de la République qui a ouvert une enquête.

13h00 : Selon une source sécuritaire, parmi les cinq putschistes arrêtés, il y aurait un blessé. Il aurait opposé une résistance.

12h40 : La situation est calme à Libreville. Elle est sous contrôle, selon le capitaine de la garde républicaine qui coordonne les opérations. Ils ont d’importants moyens stationnés sur le boulevard Triomphal. Du côté de la radio, il est difficile d’accéder parce qu’il y aurait encore quelques opérations de sécurisation à l’intérieur et globalement, la situation est calme. Il y a quelques personnes qui sont venues se rassembler le long du boulevard qui ont rapidement été dispersées par la police. Dans tous les autres quartiers de Libreville sont très calmes, les enfants restent chez eux, les commerces sont globalement fermés. Même les transports en commun sont assez rares. Les gens restent chez eux, ils écoutent la radio. Surtout qu’Internet est coupé, donc il est difficile d’accéder à plus d’informations.

12h15 : La France condamne toute « tentative de changement de régime extraconstitutionnel ».

12h00 : Le cinquième militaire recherché suite à la tentative de coup d’Etat a été arrêté. Le lieutenant Kelly Ondo Obiang a été retrouvé par les forces de sécurité dans une résidence située non loin de la maison de la radio, caché sous un lit.

11h20 : Selon notre correspondant sur place, la situation est très calme à Libreville. Sur le boulevard Triomphal, à quelque 300 mètres de la maison de la radio, il y a un check-point de la garde républicaine qui sécurise toute la zone. Un hélicoptère survole la zone.

10h55 : Le militaire qui a lu le communiqué à l’antenne, le lieutenant Kelly Ondo Obiang, est en fuite. Lors de l’assaut de l’armée à la maison de la radio, il aurait déshabillé un des techniciens de la radio pour se déguiser en civil.

10h40 : Entre la lecture du communiqué et l’arrêt du signal de la radio gabonaise près de deux heures se sont écoulées. De la musique a été diffusée, dont l’hymne de campagne de Jean Ping, candidat malheureux à la dernière présidentielle.

10h25 : L’Union africaine « condamne fermement » la tentative de coup d’Etat au Gabon.

10h15 : Le gouvernement gabonais est actuellement en réunion de crise suite aux évènements de ce matin à Libreville.

09h30 : La situation est sous contrôle selon les autorités.

09h10 : L’électricité commence à revenir à Libreville.

09h00 : Le porte-parole du gouvernement annonce que quatre des mutins ont été arrêtés et un est en fuite. Il dit que c’est un groupe de plaisantins et que la hiérarchie militaire ne les reconnaît pas.

08h45 : Selon le ministre de la Communication Guy-Bertrand Mapangou, porte-parole du gouvernement, les mutins ont été arrêtés par les unités du GIGN gabonais. La situation est sous contrôle et l’ordre sera complètement rétabli dans deux ou trois heures, affirme-t-il.

08h40 : Selon l’ambassadeur du Gabon à Paris, joint par RFI, l’assaut a été donné à la maison de la radio et les mutins arrêtés.

08h32 : Les tirs ont cessé autour de la maison de la radio.

08h30 : Sur les images du message diffusé par les putschistes, on peut voir trois militaires. Celui qui parle est assis et derrière lui, deux hommes en uniforme, debout, l’air martial, portant mitraillette. L’officier qui parle se présente comme étant le lieutenant Kelly Ondo Obiang, commandant adjoint de la garde républicaine.

08h20 : Le communiqué des putschistes est diffusé en boucle sur le signal de la radio nationale.

08h10 : Toujours selon une source proche de la présidence, les éléments qui ont pris le contrôle de la radio sont des éléments de la Garde d’honneur, qui n’ont pas le contrôle des armes de la garde républicaine. Cette même source précise que ces éléments sont encerclés dans la maison de la radio.

08h00 : Internet et les réseaux sociaux sont coupés et plusieurs quartiers de Libreville n’ont plus d’électricité.

07h47 : Au Gabon, une source proche de la présidence affirme que tous les points stratégiques sont sous contrôle ainsi que les abords de la radio. Toujours selon cette source, les militaires ne veulent pas utiliser la force contre ceux qui ont pris le contrôle de la radio ce lundi matin.

06h30 : La radio nationale a dans un premier temps était coupé avant d’être finalement rétablie.

06h00 : Des coups de feu ont été entendus autour de la Radiotélévision gabonaise, sur le boulevard triomphal, dans le centre-ville. Des blindés bloquent l’accès à ce boulevard.

Plus tôt dans la nuit

Des militaires ont pris la parole sur les ondes de la radio nationale. Ils se présentent comme le « Mouvement patriotique des jeunes des forces de défense et de sécurité ». Point de départ de leur intervention : ils affirment que le message à la nation d’Ali Bongo délivré à l’occasion de la nouvelle année « a renforcé le doute sur sa capacité à assurer la fonction de président de la République ». « Une fois encore, disent-ils, une fois de trop, les conservateurs acharnés du pouvoir, dans leur funeste besogne continuent d’instrumentaliser et de chosifier la personne d’Ali Bongo Ondimba sous le regard complice de la haute hiérarchie militaire ». Les militaires putschistes annoncent que dans quelques heures ils mettront en place un conseil national de la restauration après consultation des forces vives de la nation, afin, indiquent-ils d’assurer la continuité de l’Etat et garantir au peuple gabonais une transition démocratique. Ils invitent plusieurs personnalités à venir à l’Assemblée nationale.

RFI

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