« Domaram n’est pas de l’insulte », selon Assane Diouf

Le tonitruant insulteur public présumé, Assane Diouf poursuivi pour injures publiques et outrage à agent qui a comparu mercredi 26 décembre 2018 à la barre du Tribunal correctionnel de Dakar pour « insultes par le biais d’un système informatique, outrage à un ministre du culte, outrage à agents de la force publique dans l’exercice de leurs fonctions et diffusions de fausses nouvelles » n’est pas d’avis que « Domaram » est une insulte. Le prévenu persiste et signe que les policiers de Guédiawaye sont des corrompus, soulignant que « Domaram » n’est pas une insulte.  Il encourt 5 ans de prison ferme. Le délibéré est fixé au 8 janvier prochain.

Après plus d’un an de prison, Assane Diouf a fait face au juge de la troisième chambre correctionnelle de Dakar, Amath Sy pour répondre des chefs d’ « insultes par le biais d’un système informatique, d’outrage à un ministre du culte, d’outrage à agents de la force publique dans l’exercice de leurs fonctions et diffusions de fausses nouvelles ».

Habillé en boubou traditionnel, de couleur vert clair, le prévenu a nié les faits qui lui sont reprochés. Assane Diouf s’est présenté à la barre en boitillant. La dureté de la prison se lisait sur son visage avec des traits tirés. Maigri, il avait des cheveux blancs sur la tête et sur sa barbe.

Ne pouvant pas se tenir sur ses deux pieds, l’un de ses avocats, Me Ciré Clédor Ly a demandé qu’on lui trouve une chaise parce qu’il peine à se tenir debout. « Il a été sauvagement battu et il a eu une double fracture », tonne Me El Hadji Diouf. Le juge a accédé à cette requête. Le prévenu s’inscrit en faux contre  le fait d’avoir insulté Serigne Bass Abdou Khadre Mbacké (porte-parole du Khalife général des mourides).

A l’en croire, il ne l’a jamais insulté. « Je lui ai tout simplement posé une question en lui demandant d’où il a pris tous les biens qu’il possède. Cette question a toute sa pertinence parce que, aujourd’hui, il est devenu milliardaire alors qu’il n’a pas de société encore moins de champs. J’ai fait dix-sept ans aux Etats Unis, je travaillais durement et je ne suis pas milliardaire. Alors, en tant que disciple mouride, je voulais juste qu’il me dise comment il a fait pour être milliardaire alors que je suis son ainé », a expliqué Assane Diouf. Poursuivant, il relate qu’il postait des vidéos privées via sur sa page facebook. « Tous mes vidéos sont partagées dans un cadre privé. Ma page Facebook est privée et seuls mes amis y ont accès ». Selon lui, il parlait avec ces derniers des difficultés auxquelles les Sénégalais sont confrontés. « Je n’ai jamais posté mes vidéos sur YouTube et cette chaine ne m’a jamais payé un sou. Ce sont mes amis qui ont créé « « Dom Kharam Tv » et, ce sont eux qui partageaient mes vidéos », s’est-il dédouané.

« Les policiers de Guédiawaye sont des clochards des corrompus et j’ai des preuves »

S’agissant des policiers du commissariat de Guédiawaye, Assane Diouf reconnait les avoir traités de « policiers corrompus, de clochards » car il a des preuves à l’appui. « J’ai des vidéos dans lesquelles on voit les policiers du commissariat de Guédiawaye s’adonner à des actes de corruption. Elles sont bien gardées et je peux les diffuser », a-t-il fait savoir sur un ton menaçant. Concernant  la projection de la vidéo dans laquelle il taxe les limiers « de clochards, de corrompus et de domaram », il assume tout.

Interrogé sur la projection de séquences de vidéos dans lesquelles,  il proférait des injures à l’encontre de Serigne Bass Abdou Khadre, Assane Diouf  révèle que la vidéo a été manipulée  et truquée.

On m’a rapatrié comme le plus grand terroriste au monde pire que Ben Landen

Dans un autre registre, Assane Diouf est également revenu sur son rapatriement au Sénégal. Selon lui, les Américains l’ont expulsé à cause d’un mensonge de l’Etat du Sénégal qui l’a accusé de terroriste. Il raconte que les éléments du FBI ont même failli le tuer lors de son arrestation. « Ma femme a porté plainte contre certains agents. D’ailleurs, une enquête est ouverte aux Etats Unis. Cette affaire est loin d’être terminée », avise-t-il. « J’ai fait 17 ans aux Etats Unis sans parler de la politique au Sénégal. J’ai brisé le silence, car j’ai été déçu par la versatilité de Macky Sall qui avait promis une gestion sobre et vertueuse. J’ai commencé à dénoncer le régime quand Macky Sall a décidé faire un mandat de 7 ans en lieu et place du quinquennat qu’il nous avait promis », dit-il.

Le parquet requiert 5 ans de prison ferme

Le parquet soutient que les faits sont constants. « L’internet n’est pas une zone de non droit. C’est un outil important de communication. Un carrefour d’échanges, mais ce n’est pas une zone de non droit. Pour les faits d’outrage à un ministre de culte, il avait utilisé facebook et par ce support il a formulé des injures contre des personnes connues et identifiables. C’est offensant et l’opinion publique a été choquée par ces propos particulièrement outrageants. Assane Diouf, malgré ses contestations, il a outragé Serigne Bass. Il a aussi outragé des agents dans l’exercice de leurs fonctions. Il a assumé et reconnu les faits. Pour la diffusion de fausses nouvelles, il vous dira que ces faits n’ont pas troublé l’ordre public. Les faits sont têtus à l’encontre d’Assane Diouf. Son message est accessible à toutes les communautés », dit le parquet avant de requérir 5 ans de prison ferme à son encontre. La défense plaide la relaxe. Délibéré au 8 janvier prochain.

Toutinfo.net

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