Pour Idrissa Yaya Diandy, l’adhésion du Maroc à la CEDEAO doit être basée sur des « critères de convergence »

L’économiste Idrissa Yaya Diandy, enseignant à l’Université Cheikh-Anta-Diop de Dakar a estimé que l’intégration du Maroc à la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) devrait être corrélée à un certain nombre de « critères de convergence économique » entre les états déjà membres de cette organisation.

« La création d’une zone économique suppose l’existence d’un certain nombre de préalables et de facilités des Etats membres. S’il y a trop de disparités entre les adhérents, il peut y avoir des effets non désirés », avertit M. Diandy.

Il intervenait à un atelier de formation du Collectif des journalistes économiques du Sénégal (Cojes), dimanche, à Saly-Portudal (ouest), sur « le rôle de la monnaie dans des économies comme le Sénégal ».

« Le Maroc a une économie beaucoup mieux structurée que celle des autres pays de la Cédéao. Si ce pays adhère à l’espace Cédéao, tous les efforts de convergence déployés par les pays appartenant aux deux institutions (la Cédéao et l’UEMOA) en vue de la création d’une zone monétaire optimale seront anéantis », prévient Idrissa Yaya Diandy.

Il estime en cas d’intégration du Maroc à la Cédéao, « il y aura une très grande hétérogénéité à cause de laquelle il serait très difficile pour ces pays de partager une monnaie commune ».

« Pour qu’il y ait une zone monétaire optimale, il faut que le développement des pays ne soit pas trop grand. Il faut que les niveaux de développement des pays membres soient proches les uns des autres, pour qu’il y ait une politique économique cohérente », a souligné M. Diandy.

Pour que des Etats aient une monnaie commune, il faut qu’ils aient « une économie monétaire commune », insiste-t-il, soulignant le caractère « très hétérogène » de la relation du Maroc avec les 15 pays de la Cédéao.

  1. Diandy rappelle que le Tarif extérieur commun (Tec) entré en vigueur depuis janvier 2015 dans les Etats de la Cédéao – grâce auquel un produit en provenance d’un pays extérieur aux Etats membres de l’organisation est taxé au même taux, quel que soit son point d’entrée dans la zone – a permis de supprimer les barrières douanières au sein de l’organisation.

« Une zone économique suppose aussi la libre circulation des capitaux, alors que nos économies n’ont pas de structures économiques fortes pour pouvoir supporter la concurrence des entreprises marocaines », avertit-il.

« Quand on parle d’intégration, c’est que les uns et les autres en tirent profit. Mais s’il n’existe pas un minimum de critères de convergence entre les Etats, il peut y a avoir des effets entraînant des crises majeures pour les économies faibles », prévient Idrissa Yaya Diandy.

Le Maroc, un pays d’Afrique du Nord, a fait part de son désir d’intégrer la Cédéao, une perspective saluée par certains experts et dirigeants ouest-africaines, mais non désirée par d’autres.

APS

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