Le Sénégal frappé par une rupture d’insuline sur le marché

Le Sénégal renoue avec sa vieille tradition de rupture de médicaments et la situation devient de plus en plus alarmante pour les malades du diabète qui peinent à voir la couleur de l’insuline, en rupture quasi-totale sur le marché sénégalais. Le produit qui se fait rare voire inexistant depuis près de deux mois, crée la psychose chez les diabétiques mais également chez les spécialistes de la maladie qui assistent, impuissants, à la souffrance de leurs patients dont la survie dépend de ce produit.

L’alerte est donnée par un spécialiste, Dr Jean Michel Dione, diabétologue à l’hôpital Saint-Jean de Dieu de Thiès. « Au moment où on n’a pas encore fini de parler du problème de l’appareil de radiothérapie, les autorités ferment les yeux sur un autre scandale sanitaire aussi grave (s’il ne l’est pas plus, parce touchant un plus grand nombre de patients), celui de l’absence quasi totale d’INSULINE sur l’ensemble du territoire national, cette hormone qui ne coûte 3 fois rien (moins de 1000 francs), mais oh combien vitale, et sans laquelle bon nombre de diabétiques risquent une mort certaine », écrit Jean-Michel Dione sur sa page Facebook.

Un scandale sanitaire plus grave que l’affaire de la radiothérapie

Une sortie dans laquelle il interpelle les autorités compétentes à commencer par le président de la République. « Ce qui est le plus regrettable, c’est que cela se passe dans l’indifférence totale, et que tout simplement, parce que quelques fonctionnaires, payés avec l’argent du contribuable, n’ont pas passé la commande à temps et que les stocks se sont rapidement épuisés », regrette le spécialiste qui dit s’étonner « du silence des associations consuméristes et surtout les associations de diabétiques de ce pays ». Mais également du silence des « médias à sensation », des politiciens, de la société civile ou encore du ministre de la Santé.

Panique et psychose chez les diabétiques

Une situation qui selon lui s’avère être « un vrai scandale qui mériterait, plus que tout, d’être débattu et dénoncé… Je suis outré, peiné et touché par ces innombrables coups de fil reçus de patients paniqués (parce que craignant pour leur vie) et de confrères désemparés qui ne savent plus à quel saint se vouer, que j’ai décidé d’être le porte-voix de ces sans voix ». »De grâce, qu’on ne nous serve pas encore ce prétexte fallacieux qui veut que l’insuline, parce que subventionné au Sénégal, fait l’objet d’un trafic vers les pays limitrophes. C’est une chanson que nous ne connaissons que trop. Des trafics, il y en toujours eu, dans tous les secteurs et à tous les niveaux. Mais c’est aux autorités compétentes d’y remédier et non à ces pauvres patients diabétiques d’en faire les frais ».

« C’est donc le cœur meurtri, ajoute-t-il, que j’en appelle à tous ces Sénégalais, à commencer par le 1er d’entre eux, de tout faire pour régler définitivement et le plus rapidement possible, ce problème qui n’a que trop duré et qui met en danger la vie de cette frange si vulnérable de nos concitoyens, si tant est-il qu’il leur reste encore un brin d’humanité et d’humanisme ».

Joint par téléphone ce dimanche par Seneweb, Dr Jean Michel Dione confirme et apporte des précisions. Le mixtard, une forme mixte d’insuline, est complètement épuisé, révèle-t-il. Alors que pour l’insulatard, une forme intermédiaire, le stock commence à s’épuiser, alerte encore Jean-Michel

Dione. Non sans avoir interpellé à ce propos la Pna (Pharmacie nationale d’approvisionnement). Et selon un responsable de la Pna, les commandes seront disponibles dès (demain) lundi (24 septembre). En attendant, le calvaire se prolonge pour les malades du diabète…

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