Université Cheikh Anta Diop de Dakar : la grève continue !

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Il n’est pas prêt à déposer les armes et à regagner les Amphithéâtres. Il, c’est le Collectif des étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, qui, aujourd’hui plus qu’hier, entend poursuivre son combat, tant que ses revendications, dont le départ des forces de l’ordre de l’espace universitaire, ne seront pas satisfaites.

Le Collectif a, à cet effet, publié un communiqué de presse, non seulement pour réduire au silence le ministre de l’Enseignement supérieur, qui parle d’infiltration et de manipulation dans les récents affrontements entre étudiants et forces de l’ordre,mercredi dernier. Mais aussi, pour y matérialiser sa résistance-tout-terrain. Voici l’intégralité dudit communiqué.

Le collectif des étudiants de l’UCAD informe aux étudiants que le mot d’ordre reste le même : nous déserterons les amphis tant que les forces de l’ordre continuent de squatter notre espace pédagogique et social et ne sommes ouverts à aucune forme de négociations possible dans ces conditions. Nous continuons de réclamer le paiement intégral de nos bourses, la restauration des franchises universitaires, le master pour tous, mais surtout la libération sans conditions de nos frères étudiants détenus illégalement à la maison d’arrêt et de correction de Reubeuss.

Nous exhortons par ailleurs aux étudiants de rester chez eux suite au communiqué du directeur du COUD qui après nous avoir exposé décide de ré-ouvrir le campus ce lundi avec ce détachement des forces de l’ordre qui est inadmissible et non conformes aux textes et dispositions qui régissent l’Université.

Etant dans une logique de sauver l’Université de Dakar et l’enseignement supérieur en général nous serons dans les dispositions de stabiliser et de sécuriser l’université dés que les autorités feront preuve de bonne foi et montrent des signes qui nous permettront de regagner nos amphis et salles de cours dans la quiétude.

En tant que représentants d’étudiants nous ne pouvons continuer d’exposer nos étudiants dans les conditions d’insécurité qui sévissent actuellement à l’UCAD car les hommes du Groupement Mobile d’intervention (G M I) sont sources de menace pour nous.
Nous profitons de cette occasion pour rappeler au ministre de l’enseignement supérieur et à l’opinion nationale que, en ce qui concerne notre collectif, il n’y a eu aucune infiltration, ni de la manipulation politique.

Malgré que croire au hasard c’est ignorer l’origine des causes et que quelques fois les coïncidences ne sont pas toujours fortuites, mais rien n’explique le fait de ne pas payer des bourses depuis sept mois et de violer de façon intentionnelle les franchises universitaires, et la non considération des étudiants.

Par ailleurs nous lançons un appel aux étudiants à l’unité et nous ne tolérerons aucune forme de récupération politique de la part de certains étudiants politiciens et en même temps acteurs dans le mouvement étudiant. Si certains étudiants ne sont pas encore conscients de notre rôle qui ne se résume qu’à l’acquisition du savoir pour servir la nation demain, la défense des intérêts matériels et moraux des étudiants mais surtout la protection de notre université qui a formé tant d’élites, il va falloir les leur faire comprendre. Nous avons assez soufferts des réformes et nous ne comptons nullement en revenir.

L’essentiel réside dans l’application effective des accords signés qui consistent à améliorer nos conditions de vie et d’études. Nous condamnons avec fermeté la recrudescence de la violence et les casses perpétrés sans fondement auxquels les responsabilités sont partagées entre autorités non préventives et étudiants désespérés.

Etant donné que nos assemblées générales ne peuvent plus se tenir au sein du campus à cause de la présence des forces de l’ordre, nous demandons par ailleurs le suivi du mot d’ordre dans toutes les facultés, écoles et instituts de l’UCAD et exhortons à tous les leaders d’étudiants et porteurs de voix de faire passer l’information partout ou sera nécessaire.

Nous organiserons dans les prochains jours une journée de non violence à l’UCAD dans le but de montrer à l’opinion nationale que les étudiants sont capables de se sécuriser à eux seuls si toutefois nos revendications sont prises en compte. Merci
Elimane BA, Président amicale FASEG, Coordonnateur du Collectif des étudiants de l’UCAD

Source: 2stv.net

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