Agriculture : L’anacarde vaut 5 à 10 fois plus que le prix de 334 FCFA au kg !

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Les producteurs casamançais et Bissau-guinéens de noix de cajou auraient pu avoir plus du quintuple des 30 milliards de francs CFA récoltés sur les 90 000 tonnes d’anacarde vendues en 2013, estiment des spécialistes qui indiquent que l’Etat sénégalais devrait veiller à la formation des producteurs et à l’organisation de la filière.

Les producteurs d’anacarde devraient riches et assurer deux pôles essentiels de la vie sociale et professionnel sont la consommation et l’investissement. Trompés, mal formés et mal informés ils se « font arnaquer» par les spéculateurs qui fixent leurs propres tarifs jugés assez loin des prix internationaux. Récemment, le Cadre régional des opérateurs de la filière anacarde de la Casamance (COFAC) faisait savoir que la région avait exporté 90 000 tonnes d’anacarde en 2013 à raison de 30 milliards de francs CFA. Pour rappel, le Sénégal a produit 50% des 90 000 tonnes exportés, l’autre moitié étant d’origine bissau-guinéenne.

Apparemment satisfait de ce qui semble relever d’une prouesse, ledit cadre précisait que les 30 milliards de francs CFA récoltés témoignaient de la vitalité de la filière forte de 200 000 emplois dans la région. « L’année dernière a été une excellente campagne pour les producteurs, les collecteurs et les transformateurs. Nous espérons avoir la même situation que celle de l’année dernière dans la mesure où il y a un déficit au niveau mondial. La demande est plus forte que l’offre. Cette année, nous ne pensons pas avoir des invendus», avait déclaré Lamine Sène, le président du COFAC qui, selon l’Agence Ecofin, a annoncé que la province escomptait exporter 100 000 tonnes d’anacarde en 2014.

Des experts ne partagent pas ce satisfécit, qui confirme, selon eux un « paradoxe grotesque. « Pendant qu’on affirme que la demande est plus forte que l’offre, que la tendance du secteur de l’anacarde est à la bonne performance, comment les producteurs peuvent-ils être payés 334 francs le kilo (30 milliards de francs CFA divisés par 90 000 000 millions de kilo égale 334 francs CFA) ? Ils devraient encaisser 3 à quatre fois plus !», estime un spécialiste sur le forum.

Certains sont d’avis que les ministères de l’Agriculture, de l’Economie et des Finances et celui de l’Education devraient « veiller à la formation» des producteurs « afin qu’ils obtiennent le juste prix de leur production. C’est cela qui permettra à nos paysans d’avoir une meilleure qualité de vie, de devenir de grands consommateurs des biens et services, mais aussi d’investir dans leur secteur ou d’autre pour tendre vers des profits plus importants».

Les producteurs sont invités à découvrir sur le site http://www.rongead.org comment « Connaître et comprendre le Marché international de l’anacarde», peuvent exporter ou vendre bien plus cher que 334 francs CFA le kilo, tenant compte bien entendu au respect de 3 paramètres importants dans le secteur : la taille des amendes, leur couleur et les dégâts qu’elles sont subis lors du processus de transformation. A savoir que l’on peut distinguer plus de 24 grades d’amande de cajou. En 2013, les prix du kilo variaient entre 4000 et 1200 francs CFA, en fonction des grades (des amendes blanches au très brûlées en passant par les brûlées).

David LY /gfm.sn

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