Baisse des loyers : le volontarisme politique de Macky Sall se heurte aux limites techniques

Les loyers baisseront de 29% pour les logements n’ayant pas une qualité de luxe (la plupart des locataires se trouvent dans ce cas), de 14% pour les immeubles de grand standing et de 4% pour le très grand luxe. Cette annonce a été faite par le Président Macky Sall, lors de son adresse à la Nation du 31 décembre 2013. Un sacré coup de pouce sera ainsi donné aux ménages sénégalais si cette mesure entre en vigueur. Mais ce volontarisme de l’Etat semble se heurter, sur le terrain, à la faisabilité technique de cette mesure phare.

Les Sénégalais, principalement ceux vivant dans la région de Dakar, attendaient beaucoup le chef de l’Etat sur sa promesse de baisser le prix du loyer dans la capitale. Dans son adresse à la Nation du 31 décembre 2013, le Président Macky Sall n’a pas déçu, du moins théoriquement, leurs attentes, en annonçant la baisse de 29% pour les logements sociaux, 14% pour les moyen standing et 4% pour les villas de grand luxe. En réalité, le Président Sall n’a fait que suivre les recommandations de la commission nationale chargée de réfléchir sur la baisse du loyer. Selon le porte-parole de cette Commission, Momar Ndao, par ailleurs Président de l’Ascosen, c’est la presque totalité des locataires qui sont concernés par la baisse des 29% qui s’applique à la fourchette des loyers compris entre 0 et 300 000 FCfa. Une fois que le décret pris dans ce sens par le chef de l’Etat sera publié, l’application sera immédiate. Ainsi, informe-t-il à titre d’exemple, le locataire qui payait 100 000 FCfa par mois va désormais payer 71 000 FCfa. Celui qui payait 150 000 FCfa, va dorénavant donner 106 500FCfa.

Momar Ndao ajoute dans la foulée que les bailleurs récalcitrants encourent 3 mois de prison et 1 500 000 FCfa d’amende. La peine sera portée à 6 mois pour tout propriétaire récidiviste. C’est, poursuit-il, la loi 81-21 du 25 juin 1981 qui réprime la hausse illicite du prix du logement. De 1994 à 2010, déplore-t-il, le prix de la construction a augmenté de 44%, contre une augmentation de 256,06% du prix de la location. Or, conclut-il, le prix du loyer est fonction du coût de la construction. Maintenant que la volonté politique est affirmée, se pose alors la question de la faisabilité technique de cette mesure phare.

Dame Sady, expert immobilier :

« la Commission a voulu régler un problème politique et non technique,…

L’OBS

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