Sédhiou: bientôt la réhabilitation des pistes rurales dans la région. Des élus déçus des critères d’éligibilité, l’ARD tempère et rassure

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Les acteurs locaux de la région de Sédhiou se sont retrouvés hier, mardi 26 novembre, dans la capitale du Pakao à l’effet de partager les dernières informations liées à la mise en œuvre du programme de réhabilitation des pistes rurales dans la région. Si l’initiative agrée nombre d’acteurs, nombreux sont dans le même temps ceux qui ont exprimé leur déception née des critères d’éligibilité aux Fonds d’entretien routier autonome (FERA) et de ses partenaires.

Cette session vise à renforcer les capacités des différents acteurs de la région de Sédhiou dans le but de mieux comprendre les modalités d’accès aux ressources du Fonds d’entretien routier autonome (FERA). Ce fonds ambitionne de mettre à la disposition des collectivités locales les moyens d’entretien des pistes rurales en rapport avec le Programme national de développement local (PNDL) et l’Agence régionale de développement de Sédhiou (ARD).

Ngor Ndioye Ndiaye, le chef de la Division appui à la maitrise d’ouvrage à l’ARD de Sédhiou, fait savoir qu’«il s’agit d’un fonds qui vient en appui aux collectivités locales de la région de Sédhiou afin qu’elles puissent s’auto gérer en matière d’entretien des pistes rurales. Il y’a des ressources prévues à cet effet. Nous tenons à renforcer les capacités des acteurs sur le sujet et dans les jours à venir nous allons procéder à la formation des acteurs concernés par le programme».

Et de poursuivre: «naturellement, les besoins en réhabilitation de pistes sont très énormes dans la région de Sédhiou mais il n’était pas possible de sélectionner toutes les collectivités locales et les critères sont axés sur les priorités préalablement définis lors d’une rencontre qui a eu lieu ici à Sédhiou; nous sommes vraiment conscients que le besoin est pressant partout».

Des réserves sur les critères d’éligibilité
Loin d’être convaincu des critères d’éligibilité, Ismaïla Diémé, assistant communautaire du conseil rural de Kandion Mangana, fait observer que la priorité doit être accordée à leur collectivité locale dont l’enclavement les oblige à solliciter le concours de leurs voisins de la Gambie. «On ne nous a accordé que 8 kilomètres de bretelle, telle une goutte d’eau dans la mer. Nous souffrons de l’enclavement en toutes saisons. Même pour nous rendre à Bounkiling, nous sommes obligés de nous faire embarquer par les véhicules de transport de la Gambie. Le réseau de téléphones est d’une piètre qualité, l’accès aux soins de santé est encore plus compliqué».

Le maire de Tanaff, dans le Sud-Est de la région, frontalier à la Guinée Bissau, ne s’en porte pas mieux. «Le relèvement de notre économie rurale passe par la réhabilitation des pistes rurales. C’est pourquoi je pense qu’on devrait généraliser ce programme à toutes les collectivités locales de la région. Combien de tonnes de produits de cru pourrissent par an faute de pistes carrossables?» s’indigne Ibrahima Gomis.

Plus à l’Ouest, à Simbandi Balante, le président du conseil rural, Famara Kalbert Mané ne cache pas ses déboires. «Nous sommes frontaliers à la Guinée Bissau avec des axes qui donnent de part et d’autre, mais en raison du conflit armé, nous avons été oublié et marginalisés. Cela a mis à genoux notre économie. Aujourd’hui que la guerre s’estompe, nous du département de Goudomp devrions être traités en priorité par rapport aux programmes de développement local».
Comme pour les rassurer vraiment, l’Agence régionale de développement de Sédhiou annonce d’autres programmes de réhabilitation des pistes notamment avec la Banque mondiale pour 350 kilomètres de pistes rurales et l’aménagement des vallées agricoles.

source: Sudonline via sedhiounews.com

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