samedi, juillet 13, 2024

La Guinée Bissau 40 ans après l’assassinat d’Amilcar Cabral, selon Cerno Diallo

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40 ans après l’assassinat de l’ancien révolutionnaire de la Guinéen Bissau, Amilcar Cabral, que reste t-il de son héritage ? Une situation politico-sociale loin d’être reluisante. C’est l’analyse faite par Cerno Diallo, universitaire Bissau Guinéen, ancien recteur et ministre de l’Enseignement supérieur. Il est actuellement enseignant en Sciences politiques à l’Université de Lisbonne.

Un modèle embryonnaire d’Etat, un parti politique anachronique et fragmenté, le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (Paigc), privé d’un leader charismatique et consensuel disposant d’une vision claire. Une armée politisée qui peine à se reformer et à se départir de sa dimension de machine de guerre. Voilà grosso modo, si l’on croit bien Cerno Diallo, tout ce qui reste, sur le plan organisationnel, de l’héritage d’Amilcar Cabral, le plus grand théoricien des mouvements de libération du tiers-monde dans les années 60. Il animait une conférence au Centre de recherche ouest-africain(Warc) sur la question.

L’ancien recteur et ministre de l’Enseignement supérieur de Guinée Bissau a expliqué qu’aujourd’hui, l’Etat a besoin d’être refondé dans sa technostructure, sa légitimité et son fonctionnement. Pour ce qui est du Paigc, M. Diallo a estimé qu’il est assailli par ses propres contradictions et clivages internes. D’ailleurs, selon lui, Amilcar Cabral a fait les frais de ces querelles intestines (Il fut assassiné en janvier 1973). A son avis, le Parti doit aujourd’hui se départir de sa dimension de machine de guerre pour devenir un levier de développement, même s’il s’agit d’un mouvement de libération transformé en Parti politique. S’agissant de l’armée, l’ancien élève de l’école du Paigc a déclaré qu’en Guinée Bissau, il existe une vieille tradition de promiscuité entre soldats et politiques. « L’armée, initialement une force de libération, était l’ancien bras armé du Paigc. D’ailleurs, Cabral avait l’habitude de dire que les soldats étaient des militants armés. Donc, cette confusion de rôles entre politiques et militaires est une tradition en Guinée », a-t-il soutenu.

Selon M. Diallo, l’un des plus grands défis auxquels la Guinée Bissau est aujourd’hui confrontée, c’est la réforme, la modernisation et la réadaptation de l’armée aux besoins réels du pays en matière de sécurité. Et pour cela, il faut redimensionner et donner à l’armée une bonne formation et en créant de meilleures conditions dans les casernes. « Il faut également faire en sorte que l’armée reflète le pays dans toute sa diversité », a-t-il ajouté. Mais, en dépit de ce tableau sombre qui caractérise son pays et sans pour autant se justifier, on peut essayer de comprendre cette situation, a souligné Cerno Diallo. Il a expliqué qu’après les indépendances, la plupart des soldats et cadres formés de la période coloniale s’étaient exilés, soit au Portugal et soit vers d’autres pays d’Afrique. Du coup, la Guinée Bissau s’est retrouvée avec un Etat sans cadres militaires et civiles. C’est ainsi que des guerriers du mouvement de libération avaient été recyclés. D’où une démocratie de la légitimité toujours notée dans ce pays.

Ndiol Maka SECK (lesoleil.sn)

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