La fuite des noix de cajou vers le Sénégal, risque de compromettre la croissance économique de la Guinée-Bissau

La fuite des noix de cajou par voie terrestre vers le Sénégal pourrait compromettre la croissance du produit intérieur brut de la Guinée-Bissau, estiment les analystes économiques.

Selon une mission du Fonds monétaire international (FMI) qui a récemment séjourné en Guinée-Bissau, la croissance économique de ce pays en 2013, estimée à 3,5%, est conditionnée par la reprise des exportations de noix de cajou supérieures à 150.000 tonnes.

La noix de cajou, en tant que premier produit de rente, nourrit plus de 250.000 familles et rapporte plus de 60 000 dollars au Trésor public. Elle représente plus de 90% des exportations de Bissau.

La Guinée-Bissau est le cinquième exportateur mondial de noix de cajou brut. La presque totalité de sa production est exportée vers l’Inde, à cause de sa faible capacité de transformation.

En 2012, la Guinée-Bissau a exporté 125.000 tonnes de noix d’ acajou, soit moins que les 174.000 tonnes de 2011, à cause de la crise politico-militaire survenue avec le coup d’Etat du 12 avril 2012 et la baisse du prix d’achat de la noix sur le marché extérieur.

Cette année, la campagne a démarré timidement en raison du prix bas sur le marché intérieur (150 FCFA le kilo) et d’une taxe à l’exportation, même si elle a été réduite de 50% suite à une menace de boycott des exportateurs.

Face à cette situation, les agriculteurs, à la recherche de marchés alternatifs, ont commencé à vendre leurs noix de cajou au Sénégal où ils sont achetés deux fois plus chers, à 300 FCFA.

Chaque jour, plus de cinq dizaines de tonnes de noix de cajou traversent la frontière vers les pays voisins du Sénégal, a révélé la Garde nationale.

Pour sa part, le président de l’Association des intermédiaires (entre agriculteurs et exportateurs) de la Guinée- Bissau, dénonce la fuite en grande quantité des noix de cajou vers le Sénégal et appelle le gouvernement à prendre des mesures pour freiner cette hémorragie qui « va aggraver la situation économique nationale déjà difficile ».

Les revenus provenant des exportations de noix de cajou constituent une grande part du budget de l’Etat, qui est soutenu à hauteur de plus de 50% par l’aide étrangère.

Le gouvernement de transition a institué cette année une taxe de 7.500 FCFA payable par chaque camion transportant des noix de cajou au port de Bissau, selon le président de l’Association nationale des exportateurs, Mamadou Djamanca.

« Cette taxe est apparue après que les entrepreneurs ont mis en place leurs structures de coûts d’exportation », a-t-il dénoncé.

Un analyste économique critique également cette taxe, estimant qu’elle « viole clairement les normes d’exportation de noix de cajou, car à partir du 15 janvier de chaque année, les règles d’exportation ou d’exploitation doivent être définies ».

La solution pour éviter la perte de plus de 30 millions de dollars prévue en 2013, est d’affecter une partie des fonds collectés dans le cadre du Fonds pour la promotion des produits agricoles, FUNPI, souligne le même analyste.

Le secrétaire d’Etat chargé du Commerce et de la Promotion des Produits locaux, Ibrama Djaló, a reconnu l’existence de difficultés dans la campagne de commercialisation, avec les sorties de la noix de cajou vers le Sénégal.

Il a indiqué que les opérateurs économiques « ont bénéficié du gouvernement de cinq milliards de francs CFA pour sauver cette campagne ». Fin

Source: Agence de presse Xinhua

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