Du 12 au 14 février 2026, l’esplanade de la mairie de Kolda ne sera pas seulement un lieu de passage : elle deviendra un carrefour des idées, des récits et des voix. Avec le SALIKO 2026 (Salon du Livre de Kolda), la région affirme une ambition claire : faire du livre un événement populaire, accessible et fédérateur, et replacer la création littéraire au cœur de la cité. Sous le thème « Souveraineté littéraire : la contribution des écrivains de Kolda », le salon revendique une conviction forte : nos territoires ne sont pas des marges culturelles. Ils sont des sources. Et Kolda, par ses auteurs, prouve qu’elle a de quoi écrire son histoire… et la partager.
L’envergure du SALIKO se mesure d’abord à ce qu’il rassemble : une diversité d’écrivains, de profils, de parcours et de sensibilités qui raconte la richesse du Fouladou. Seydi Sow, figure majeure de la scène littéraire locale et coordonnateur du salon, incarne cette volonté de bâtir un rendez-vous durable où la littérature rencontre le public, où la jeunesse se reconnaît, et où la création devient un patrimoine vivant. À ses côtés, le salon s’appuie sur des femmes et des hommes d’engagement et de transmission : l’écrivain et enseignant Idrissa Sow (Gorkoodio), qui a passé une vie à former, à accompagner, à animer les dynamiques du livre, et dont le parcours illustre ce que le SALIKO veut défendre : une littérature qui circule, qui éduque, qui relie.
Le SALIKO 2026, c’est aussi une génération d’auteurs qui tient la culture par la main et refuse de la laisser tomber. Abdourahmane Diallo, “le Poète de la verte Casamance”, est de ceux-là : éducateur de carrière, poète et romancier, il a su faire du verbe un outil de mémoire et de dignité — jusqu’à rendre hommage aux victimes du Joola dans un roman devenu référence. Son itinéraire dit une chose essentielle : à Kolda, la littérature n’est pas un luxe. C’est une façon de regarder le monde et de le réparer. Dans cette même dynamique, Hamidou Baldé, enseignant-chercheur et écrivain, apporte la rigueur du travail universitaire et la force d’une œuvre variée (essais, poésie, théâtre, roman), où l’on sent l’exigence intellectuelle, mais aussi le souci d’éclairer la société.
Et comment parler de l’envergure du SALIKO sans évoquer celles et ceux dont la voix continue de vivre au-delà d’eux-mêmes ? Dieynaba Guèye, dite Diewo, poétesse et conteuse, ancienne présidente du Cercle des Écrivains de la Région de Kolda, est une présence fondatrice : une mémoire. Son héritage rappelle que le salon s’inscrit dans une histoire culturelle déjà riche, souvent discrète, mais profondément enracinée. Le SALIKO ne naît pas de rien : il s’appuie sur des parcours, des luttes, des créations, des passions. Il vient leur donner un espace à la hauteur de leur valeur.
Ce qui rend le SALIKO particulièrement prometteur, c’est cette capacité à faire cohabiter la plume, l’école, la recherche et l’action. Samba Diamanka (Le Rêveur Solitaire), professeur de français et doctorant à l’Université Gaston Berger, incarne cette nouvelle vague : une littérature nourrie par la réflexion, portée par la pédagogie, et déjà marquée par des romans qui installent une voix. De son côté, Abdoulaye Fall, professionnel de santé, formateur et écrivain, montre à quel point la création peut naître là où on ne l’attend pas : dans les salles de cours, au contact du réel, au service des autres. Son parcours dessine une génération d’auteurs qui veulent servir — et écrire — avec la même intensité.
Le SALIKO prend aussi de l’ampleur grâce à des profils qui relient la littérature à l’engagement citoyen et au leadership local. Cheikh Moudjibou Rahamane Baldé, consultant-formateur senior, apporte au salon cette dimension structurante : celle des idées qui deviennent des actions, des paroles qui mobilisent, des projets qui fédèrent. Enraciné à Kolda, investi dans le renforcement des capacités, la gouvernance et l’accompagnement des organisations, il incarne une vision du livre comme levier de transformation, capable d’inspirer la jeunesse, de renforcer la cohésion sociale et de soutenir une culture qui se construit sur le long terme.
Autour de ces écrivains, le SALIKO construit une scène où le livre cesse d’être distant : il devient proche, vivant, partagé. Stands, dédicaces, panels, conférences, activités jeunesse, animations culturelles… tout est pensé pour transformer la littérature en expérience collective. Le salon veut rapprocher lecteurs, éditeurs, institutions et écoles, et faire du livre un levier de fierté, d’apprentissage et même d’économie locale. Car oui, un salon du livre, c’est aussi une dynamique : des rencontres, des collaborations, des opportunités pour les librairies, les maisons d’édition, les médias, les acteurs culturels et les jeunes talents.
En réalité, l’envergure du SALIKO 2026 tient dans une phrase simple : Kolda n’invite pas seulement à lire. Kolda invite à se reconnaître. Dans les récits, dans les langues, dans les parcours de ses écrivains. Le SALIKO est un acte culturel — mais aussi un acte de confiance. Confiance en une région qui a des choses à dire, à transmettre, à inventer. Et si cette première édition tient sa promesse, elle posera une évidence : la souveraineté littéraire ne se décrète pas. Elle se construit, page après page, au plus près des lecteurs. À Kolda. Dans le Fouladou. Et bientôt, bien au-delà.
Plus d’infos sur : SALIKO.ORG



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