samedi, avril 20, 2024

« Si cette histoire se vérifie, elle serait hautement problématique »: l’armée allemande embarrassée par des écoutes illégales présumées

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L’armée allemande a annoncé samedi enquêter sur des soupçons d’écoutes illégales d’échanges entre plusieurs de ses officiers, concernant des livraisons d’armes à l’Ukraine, diffusés sur des réseaux sociaux en Russie et au contenu potentiellement très embarrassant pour Berlin.

« Nous examinons si des communications liées à l’armée de l’air ont fait l’objet d’écoutes, le contre-espionnage militaire (BAMAD) a engagé toutes les mesures nécessaires« , a indiqué à l’AFP une porte-parole du ministère de la Défense.

Elle réagissait à une controverse grandissante qui a émergé après la diffusion, vendredi en Russie sur des réseaux sociaux, de ce qui ressemble à l’enregistrement d’une conversation entre des officiers allemands de haut rang.

La rédactrice en chef de la chaîne d’Etat russe RT, Margarita Simonyan, a publié un fichier de plus d’une demi-heure, en le présentant comme un échange entre militaires allemands discutant de frappes visant la Crimée. Cette péninsule a été annexée en 2014 par Moscou.

Missiles Taurus

Dans cette conversation, que l’AFP a écoutée mais qui n’est pas datée, les participants à ce qui semble être une visioconférence parlent notamment de l’hypothèse de la livraison à Kiev par l’Allemagne de missiles de longue portée Taurus, de fabrication allemande, de ce qui serait nécessaire pour permettre aux forces ukrainiennes de les utiliser et de leur impact éventuel.

Des experts interrogés par l’hebdomadaire allemand Der Spiegel ont jugé le fichier authentique.

Les participants évoquent en particulier l’hypothèse de frappes visant le pont de Crimée reliant la péninsule de Kertch, en Crimée, à l’ouest, et le territoire russe. 

Si les échanges devaient se révéler authentiques, ils seraient très embarrassants pour Berlin. Car l’Allemagne refuse jusqu’ici officiellement toute livraison de missiles Taurus, pourtant réclamés haut et fort par Kiev, de crainte d’une escalade de la guerre. Ces engins ont une portée de plus de 500 km.

Dans l’enregistrement, les participants évoquent aussi des détails des livraisons de missiles de longue portée Scalp par la France et la Grande-Bretagne à l’Ukraine.

‘Ennemis jurés’

« Si cette histoire se vérifie, elle serait hautement problématique » a déclaré le président de la commission parlementaire allemande de contrôle des services secrets, Konstantin von Notz, aux journaux du groupe RND.

A Moscou, la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a demandé « des explications rapides de l’Allemagne » sur cette affaire. « Toute tentative d’éviter de répondre aux questions sera considérée comme un aveu de culpabilité« , a-t-elle dit.

De son côté, le numéro deux du Conseil de sécurité russe Dmitri Medvedev a jugé sur son compte Telegram que « nos rivaux de toujours, les Allemands, sont redevenus nos ennemis jurés« .

« Regardez avec quelle précision avec quel détail les ‘Chleus’ parlent de frapper notre territoire avec des missiles de longue portée, choisissent des cibles à frapper et comment infliger le maximum de dommages à notre patrie« , a-t-il dit.

Les responsables allemands redoutent pour leur part que cette écoute présumée ne soit pas isolée.

« La question se pose de savoir s’il s’agit d’une affaire exceptionnelle ou d’un problème de sécurité structurel » au sein de l’armée allemande, a ajouté Konstantin von Notz.

Un expert des questions de Défense du principal parti d’opposition CDU (conservateurs), Roderich Kiesewetter, a lui estimé que « la conversion a été ébruitée à dessein par la Russie à ce moment précis avec un objectif bien particulier« , celui de tuer dans l’oeuf le débat en Allemagne autour de la livraison des missiles Taurus à Kiev.

« D’autres conversations ont certainement été écoutées et seront diffusées ultérieurement pour servir les intérêts de la Russie« , a-t-il déclaré à la chaîne ZDF.

Selon le Spiegel, la discussion entre officiers allemands émane d’une vidéoconférence sur la plateforme publique WebEx et non d’un réseau secret interne de l’armée, ce qui pose des questions sur les normes de sécurité interne à la Bundeswehr.
 

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