mercredi, juin 12, 2024

Chahinez Daoud, 31 ans, blessée par balle puis brûlée vive par son ex-mari en France: la reconstitution des faits a eu lieu

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Un homme mis en examen pour avoir brûlée vive son ex-femme dans la rue, à Mérignac (Gironde) en 2021, a accepté de prendre part à une reconstitution des faits mercredi, a-t-on appris auprès du parquet.

L’ex-mari, vêtu d’un tee-shirt violet et d’un gilet pare-balles, les cheveux coupés à ras, a été conduit sur les lieux où avait été apporté un mannequin en plastique habillé de vêtements, ont constaté des journalistes de l’AFP.  La rue de ce quartier résidentiel avait été fermée au public, la police dissimulant la zone derrière des bâches blanches. Des scellés rouges avaient été posés sur la porte de la maison de la victime, dont le garage présente des restes d’incendie.

« Le mis en examen (…) a accepté de participer à la reconstitution des faits » accompagné de ses deux avocats, a déclaré à l’AFP la procureure de la République de Bordeaux, Frédérique Porterie, sans donner plus de détails.

C’était un acte important

La reconstitution, débutée à la mi-journée en présence des deux magistrats instructeurs, d’experts, d’un témoin d’une partie des faits et des avocats des parties civiles, a pris fin avant 17h00. « En mémoire de leur fille », les parents de la victime étaient présents « à proximité » mais n’ont pas participé à la reconstitution, a déclaré à la presse leur avocat, Me Julien Plouton.

« C’était un acte important qui va certainement, je l’espère, parachever cette instruction et permettre d’envisager la tenue d’un procès. Il s’agissait de demander à l’accusé de relater son passage à l’acte », a-t-il dit. « Il n’y a pas eu de difficultés particulières, il a accepté de se prêter à cette reconstitution. »

Le 4 mai 2021, dans cette commune de l’agglomération bordelaise, Chahinez Daoud, 31 ans, avait été blessée par balle puis brûlée vive dans la rue par son conjoint dont elle était séparée. Mis en examen pour assassinat, ce quadragénaire est en détention provisoire depuis. Déjà condamné en 2020 pour des faits de violences conjugales, il venait de sortir de prison et avait de nouveau menacé son épouse. Elle avait déposé plainte deux mois avant d’être tuée.

Dans cette affaire il a notamment été reproché à deux commissaires, dont l’ex-directeur départemental de la police en Gironde, de ne pas avoir informé leur hiérarchie et la mission d’inspection (diligentée après les faits par les ministères de l’Intérieur et de la Justice) que le fonctionnaire ayant enregistré la plainte de Chahinez Daoud, en mars 2021, venait lui-même d’être condamné pour violences conjugales.

Des sanctions ont été prises

A l’issue d’une enquête de l’IGPN (Inspection générale de la police nationale) des sanctions allant de l’avertissement à trois jours d’exclusion avec sursis ont été prises à l’encontre de cinq policiers en janvier 2022.

Selon France Info, les parents de la défunte, presque septuagénaires, ont depuis les faits quitté l’Algérie pour venir en France s’occuper des enfants de leur fille. « Je suis une mère brûlée dedans, je suis une mère brisée », a témoigné la mère auprès de la radio. Selon Me Plouton, une demande d’indemnisation a été adressée courant mars en réparation des « dysfonctionnements du service public de la justice ». Si cette procédure à l’amiable n’aboutit pas, la famille attaquera l’État pour « faute lourde » devant le tribunal.

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