mardi, juillet 16, 2024

« Ils étaient jeunes et enthousiastes »: 4 personnes, dont 3 policiers, décèdent dans un dramatique accident à la frontière française

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La police nationale française est « en deuil »: quatre personnes, dont trois jeunes policiers, sont décédées, et deux passagers ont été grièvement blessés dimanche matin, dans une collision entre un véhicule de police et une voiture qui, selon les premiers éléments de l’enquête, roulait à contre-sens, à Villeneuve d’Ascq, dans la métropole lilloise, tout proche de la frontière belge. Les personnes décédées sont trois fonctionnaires du commissariat de Roubaix et le conducteur de l’autre véhicule impliqué, selon la préfecture du Nord. Ce dernier était né en 1999, a précisé la procureure de Lille, Carole Etienne.
Les trois policiers, deux hommes et une femme membres d’un équipage de Police Secours étaient âgés de 24 et 25 ans, selon une source policière et des sources syndicales. Tous les disparus étaient donc âgés de moins de 25 ans.

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Le parquet a ouvert une enquête pour homicide et blessures involontaires. « Les premiers éléments viennent conforter l’hypothèse d’un choc frontal » sur une bretelle d’accès, « qui serait dû au fait » que la voiture tiers, une Alfa Romeo, « se serait engagée à contre-sens », a indiqué Mme Etienne à l’AFP. L’équipage policier « circulait de façon normale avec un gyrophare », a indiqué le directeur général de la police nationale, Frédéric Veaux, précisant que l’hypothèse d’un contre-sens devait encore être confirmée, dans un point de presse devant le commissariat de Roubaix, où il était accouru dans la matinée.

Darmanin ce lundi à Roubaix

Les deux passagers du véhicule tiers « étaient connus des services de police et de la justice pour des faits de droits communs », a-t-il ajouté.  

La procureure a précisé que la « collision apparemment très violente » s’était produite vers 7h00, sur la RD 700 au niveau de Villeneuve-d’Ascq. « Le véhicule de police a été retrouvé en contre-bas de la voie, dans le fossé ». 

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« Toutes mes pensées vont aux familles des victimes à qui j’adresse mes condoléances. Plein soutien aux blessés », a réagi sur Twitter le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, évoquant un « très grave accident de la circulation ». Il se rendra lundi matin au commissariat de Roubaix.

« Un choc immense » 

« Chacun dans la police nationale est très affecté et touché » par ces décès « de jeunes policiers volontaires et enthousiastes », à peine sortis de l’école,  a déclaré M. Veaux, soulignant que la policière tuée n’avait pas encore été titularisée. « C’est un choc immense » pour leurs collègues, a-t-il ajouté.
Leurs familles ont été reçues au commissariat, a indiqué à ses côtés le préfet des Hauts-de-France, Georges-François Leclerc. 
Des gerbes de fleurs ont été déposées devant le commissariat, dont l’une au nom du député Insoumis du Nord, David Guiraud, a constaté une journaliste de l’AFP. Un habitant indique être venu « en tant que citoyen et parent », pour remercier les policiers de leur « sacrifice ».  
« C’est toute une profession qui est sous le choc », a réagi auprès de l’AFP le secrétaire national du syndicat Unité-SGP, Jean-Christophe Couvy. « On fait vraiment un métier particulier, où il n’y a pas de petite mission anodine. La mort frappe parfois quand on ne s’y attend pas, toute mission comporte un risque », a-t-il souligné.

La mort, c’est notre compagne au quotidien

« La Police Nationale est en deuil. C’est avec une profonde tristesse que nous apprenons le décès en service de Manon, Steven et Paul », a également réagi, sur Twitter, le syndicat Alternative Police, affilié à la CFDT.

Christian Belpaire, policier à la retraite, ancien chef de la sûreté urbaine de Roubaix, a lui aussi réagi auprès de nos confrères de l’AFP. « La mort, c’est notre compagne au quotidien quand on rentre dans la police. On la vit au travers des autres, des interventions dans lesquelles on est impliqué comme intervenant, mais aussi par le décès de collègues, les blessures de collègues, donc c’est quelque chose qui bien sûr nous est à l’esprit en permanence. Et quand ça frappe, ça fait mal, ça fait mal parce que je ne vais pas dire qu’on pense toujours que ça peut être qu’ailleurs que chez nous, mais c’est de toute façon à chaque fois, assez violent et à chaque fois assez perturbant », a-t-il confié. 

David, un collègue des forces de l’ordre, a lui aussi rendu hommage aux jeunes policiers qui ont perdu la vie dans ce dramatique accident. Dans un texte poignant publié sur Facebook, il leur a adressé ses pensées: 

Douze membres des forces de l’ordre ont trouvé la mort ces quinze dernières années dans des accidents multi-meurtriers pour les forces de l’ordre, dont le dernier, survenu le 11 avril dans les Landes, avait coûté la vie à deux gendarmes qui tentaient de contrôler un véhicule roulant dangereusement à vive allure. 
 

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