« Nos familles ont beaucoup souffert »: le père d’une victime du vol Rio-Paris s’exprime lors de l’ouverture du procès

Le premier juin 2009, un crash aérien avait fait la Une de l’actualité. Le vol d’Air France, qui reliait Rio à Paris, s’était écrasé dans l’Atlantique, emportant les vies de 228 personnes. Aujourd’hui, plus de 13 ans après les faits, le procès de la catastrophe a enfin commencé. Airbus et Air France y sont poursuivis pour homicides involontaires.

Malgré le temps écoulé, les proches des victimes restent déterminées à obtenir des réponses. Ils sont 476 à s’être portés partie civile.

« Nous avons perdu notre fille Julia et son fiancé. Tous les deux avaient 29 ans. Bien sûr, nos deux familles ont beaucoup souffert. Le temps apaise les blessures, mais jusqu’ici, la justice n’a toujours pas été rendue », a déclaré Wilfried Schmid, le père d’une victime.

« C’est une journée très importante, symboliquement. On aborde ça avec beaucoup de hâte mais aussi beaucoup d’appréhension », a confié Ophélie Toulliou, la sœur d’une victime.

Le 1er juin 2009, le vol AF447 Rio-Paris s’est écrasé dans l’océan Atlantique, entraînant la mort de ses 216 passagers et 12 membres d’équipage.

L’enquête révèle une panne au niveau des sondes de vitesse de l’appareil. Déboussolés, les pilotes ne parviennent pas à rattraper le décrochage.

En 2019, après une série d’expertises, les juges d’instruction prononcent un non-lieu. Une conclusion intolérable pour le parquet, les syndicats de pilotes et les familles. En appel, ils arrachent de justesse l’ordonnance d’un procès.

« Nous n’envisageons pas que ce soit le procès des pilotes… C’est bien le procès d’Airbus et d’Air France. Les pilotes sont des victimes, comme le reste de l’équipage et les passagers », a souligné Danièle Lamy, la présidente de l’association de proches de victimes Entraide et Solidarité.

Airbus et Air France sont poursuivis pour homicides involontaires. Le tribunal devra déterminer si les compagnies sont responsables de négligences ayant conduit au crash. Leurs avocats contestent toute faute pénale.

« Ça va être un procès difficile. On est là pour apporter notre compassion, mais aussi notre contribution à la vérité, pour en tirer tout ce qu’on peut en tirer », a affirmé Guillaume Faury, le directeur général d’Airbus.

Le vol AF 447 reste l’accident le plus meurtrier de l’histoire d’Air France. Au tribunal correctionnel de Paris, les débats se tiendront jusqu’au 8 décembre.