Menottes, entraves aux chevilles: des tortures racistes infligées à des Haïtiens demandeurs d’asile aux États-Unis

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Amnesty International dénonce, dans un nouveau rapport publié ce jeudi, des tortures et autres formes de mauvais traitements infligés à des Haïtiens et Haïtiennes en demande d’asile aux États-Unis. Pour l’ONG de défense des droits humains, ces actes sont « profondément enracinés dans le racisme anti-Noirs ».

Pour écrire son rapport, Amnesty International a interrogé 24 personnes en Haïti, expulsées entre septembre 2021 et janvier 2022 en vertu du Titre 42, une mesure instaurée en mars 2020 par le gouvernement de l’ex-président Donald Trump, en pleine pandémie de Covid-19, et permettant d’expulser directement les personnes migrantes sans autre procédure.

Les autorités du pays ont continué de faire resurgir les démons de l’esclavage 

Accès insuffisant à la nourriture, aux soins médicaux, à l’information, à des interprètes, à des avocats… Amnesty dénonce les mauvais traitements qui leur ont été infligés dans les centres de détention aux États-Unis, qui ont « des effets cumulés très lourds » sur des personnes déjà victimes de violations de leurs droits humains pendant leur voyage, « y compris un racisme anti-Noirs ».

Les autorités du pays ont « continué de faire resurgir les démons de l’esclavage en mettant des entraves aux chevilles des personnes haïtiennes noires et en les menottant à bord des vols lors de leur expulsion du pays, infligeant ainsi à ces personnes des souffrances psychologiques supplémentaires constituant des actes de torture au regard du droit international relatif aux droits humains », déclare, dans un communiqué, la directrice pour les Amériques d’Amnesty International, Erika Guevara-Rosas. « Nos recherches nous ont permis de réunir de nombreux éléments prouvant que le système d’immigration des États-Unis est profondément marqué par un racisme systémique. »

Le faux prétexte d’empêcher la propagation du Covid-19

Les violations des droits humains répertoriées par l’ONG et les expulsions massives « constituent le dernier épisode en date d’une longue tradition, enracinée dans une discrimination anti-Noirs systémique, d’arrestations, d’exclusion et de mesures visant à dissuader les Haïtiens de chercher refuge aux États-Unis », accuse Amnesty.

Pour l’ONG, le recours au Titre 42 s’inscrit dans la lignée d’une série de politiques mises en place depuis les années 1970 visant à dissuader les Haïtiens de demander l’asile aux États-Unis. Il est en outre utilisé sous le faux prétexte d’empêcher la propagation du Covid-19, alors qu’aucune des personnes interrogées par l’ONG n’a été dépistée contre le coronavirus ou vaccinée lors de sa détention ou avant son expulsion. Amnesty International demande à mettre fin à la discrimination raciale systémique et que tous les États reconnaissent sa réalité et son histoire, remontant à des structures et pratiques élaborées avec le colonialisme et l’esclavage. Les institutions, lois et politiques des États-Unis doivent être réformées alors qu’elles « favorisent les préjugés néfastes liés aux questions raciales et à la nationalité », relève l’ONG.

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