Pourquoi le fantasque Elon Musk s’est-il payé Twitter?

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Ce matin, je vous propose de plonger dans les motivations d’Elon Musk, le patron de Tesla, qui a racheté Twitter mais aussi des futurs défis que cela pose pour certains États et pour l’entreprise elle-même. 

Tout d’abord, pourquoi est-ce qu’Elon Musk a racheté le réseau social à l’oiseau bleu ? La réponse n’est pas évidente, il n’y a pas une seule raison. La logique voudrait que ce soit un investissement classique mais Twitter n’est pas une bonne affaire. C’est un petit réseau social de niche. Seize ans après sa création et malgré 217 millions d’utilisateurs actifs quotidiens, Twitter n’est jamais parvenu à trouver un modèle d’affaire rémunérateur qui puisse monétiser, rentabiliser son immense influence.

Depuis 2017 l’entreprise fait des bénéfices. Mais que ce soit sa valeur boursière ou son chiffre d’affaires, ils restent fort loin des autres GAFAM, les géants du web. L’oiseau bleu représente par exemple moins de 5% du chiffre d’affaires de Meta (l’ex-Facebook).

Est-ce qu’Elon Musk ne sait-il peut-être pas quoi faire de sa fortune ? Et bien pas non plus. Il est dans le classement du magazine économique américain Forbes l’homme le plus riche du monde avec 276 milliards de dollars. Il se trouve juste devant Jeff Bezos, le fondateur d’Amazon. Mais le problème, c’est que sa fortune est surtout constituée d’actions de Tesla et de ses sociétés. Si vous voulez, il est très riche sur le papier. Mais il a aussi beaucoup de dettes et peu de liquidités. Le prix à payer pour Twitter, 44 milliards de dollars, c’est une grosse somme. Même pour lui. Il a d’ailleurs dû s’adresser à un pool d’investisseurs et il devra même mettre une partie de ses actions en garantie.

Alors comment expliquer sa motivation ? Il y aurait trois raisons possibles à ce qui parait à priori une lubie :

  • soutenir le cours de l’action Tesla qui est surévaluée par la mise en valeur de tous les coups de pub et les effets d’annonces d’Elon Musk
  • idem pour la course à l’espace où Elon Musk est en concurrence avec Jeff Bezos. Dans les deux cas, le réseau social doit être la chambre d’écho diffusant mondialement les messages soutenant les cours de bourses et finançant les deux projets.
  • Musk est un libertaire qui s’attaque à tout ce qui limite son esprit d’entreprise, aux taxes, aux réglementations, boursières notamment. En se payant Twitter, il a annoncé vouloir utiliser le réseau social pour développer la libre expression avec tous les abus potentiels d’une telle ouverture.

Ce qui sera aussi dangereux pour le développement de l’extrémisme en Europe. Ce qui augure de profonds conflits puisque le nouveau règlement européen sur les services numériques, le Digital Services Act (ou DSA), vient d’être conclu le week-end passé et il va contraindre les grandes plateformes à mieux lutter contre tous les contenus illégaux.

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