samedi, décembre 4, 2021

Mariages précoces : à 33 %, la prévalence demeure encore élevée (députée)

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Le taux de prévalence des mariages précoces, 33 %, reste encore élevé au Sénégal, malgré les efforts fournis par le gouvernement, raison pour laquelle il est urgent d’harmoniser les textes législatifs nationaux avec les conventions internationales, en vue du relèvement de l’âge du mariage à 18 ans, soutient la députée Juliette Paule Zingan.
‘’La dernière enquête de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie indique un taux de prévalence de 33 % pour les mariages précoces au Sénégal. Cette prévalence, même si elle a connu une baisse, reste élevée, au regard des efforts fournis par le gouvernement au niveau national‘’, a-t-elle souligné.
Mme Zingan intervenait, au nom du président de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse, à l’ouverture, mercredi, à Kaffrine (centre), d’un forum de plaidoyer des parlementaires en faveur du relèvement de l’âge du mariage de la jeune fille à 18 ans.
Cette rencontre est organisée par le Réseau des parlementaires pour la population et le développement (RPPD) de l’Assemblée nationale. Le Fonds des Nations unies pour la population et la Direction du développement du capital humain du ministère de l’Economie ont pris part au forum.
Juliette Paule Zingan a rappelé qu’au Sénégal, les articles 108 et 111 du code de la famille fixent l’âge légal du mariage à 16 ans pour les femmes. Il autorise aussi le mariage d’une mineure, si son consentement est justifié par la personne exerçant la puissance paternelle sur elle.
‘’Cette situation est compréhensible dans notre société, si on sait que le mariage précoce se pratique depuis des générations et reste perçu comme un moyen culturel et légitime de protéger les filles de certains risques pernicieux, ainsi que des conséquences potentiellement déshonorables’’, a reconnu Mme Zingan.
Ce forum permet, selon elle, d’identifier les problèmes et de réfléchir ensemble aux ‘’stratégies pertinentes’’ adaptées aux réalités culturelles.
‘’Les mariages d’enfants constituent de nos jours un des obstacles majeurs à l’éducation des filles et à leur santé. Et pour lever ces obstacles, le Sénégal a ratifié l’ensemble des instruments juridiques internationaux et sous-régionaux liés aux droits de l’enfant‘’, a rappelé la députée.
Mais il reste à harmoniser les textes législatifs et réglementaires nationaux avec les conventions internationales, sur le cas spécifique du relèvement de l’âge du mariage à 18 ans, a-t-elle dit.
Le RPPD compte, selon la députée, apporter sa contribution en élargissant le projet ‘’New Deal’’ aux autres régions.
‘’Le ‘New Deal’, un projet novateur à haut impact pour le développement des jeunes filles, a été expérimenté en 2015 à Kolda [dans le but de] réduire les grossesses et mariages précoces et d’assurer l’autonomisation économique des jeunes filles’’, a rappelé Mme Zingan.
Le programme ‘’New Deal’’, mis en œuvre dans certaines régions dont Fatick et Kaffrine (centre) consiste à ‘’installer’’ des clubs de 30 jeunes filles, lesquelles vont sceller un pacte avec la communauté dans le cadre duquel elles font le serment ‘’de ne pas tomber enceinte avant l’âge de 18 ans’’.
Cette initiative a obtenu des ‘’résultats encourageants’’, avec la création de 300 clubs de jeunes filles dans 12 départements du pays et l’enrôlement de 10.525 jeunes filles.
Grâce au projet, l’objectif ‘’zéro cas de grossesse dans les clubs’’ a été atteint, tandis que 333 jeunes filles ont été formées dans des activités génératrices de revenus, et un taux de 100 % de réussite atteint à l’examen du brevet de fin d’études moyennes, dans la région de Kolda (sud), en 2019.
L’atelier de deux jours fait partie des activées décentralisées que mène l’Assemblée nationale pour le respect des engagements pris par le Sénégal lors de la conférence internationale sur la population et le développement, en 2019, à Nairobi.
APS

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