Érection de Keur Massar en département / Une vieille demande sociale une réalité : Vers des relents politiques conflictuels ?

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Considérée comme commune en 1996, Keur Massar devient le 46e département du Sénégal. Cette partie de la banlieue qui fait partie des 16 communes du département de Pikine se verra donner un autre statut. Voulant corriger les incohérences territoriales, le président de la République avait, au cours des dernières inondations, décidé de faire d’une pierre deux coups pour non seulement procéder au renforcement des collectivités territoriales, mais également leur donner les moyens de pouvoir prendre en charge certaines questions comme les inondations et autres fléaux frappant les populations.

 

Ainsi, Keur Massar va être renforcé de manière démographique et aussi foncière. Désormais, Keur Massar profitera d’une nouvelle organisation de son espace territorial sous la diligence de l’État du Sénégal à travers des zones d’aménagement différé. Cela permettra non seulement de régler un problème récurrent c’est à dire, la problématique du foncier qui est aujourd’hui au cœur des préoccupations des populations, mais également, mettre en place des espaces d’activités économiques ainsi que des infrastructures permettant de créer des emplois. Il faut signaler que, toujours dans cette perspective de recomposition et de reconfiguration territoriale, Sahm Notaire et Wakhinane Nimzatt seront deux arrondissements qui s’ajouteront à celui de Guédiawaye qui était, jusque-là, avec un seul arrondissement.

 

Par ailleurs, rappelons que le redécoupage de l’ancienne communauté rurale de Sangalkam n’est pas un sujet nouveau. En réalité, il a été toujours alimenté même à l’époque de l’ancien président de la République Abdoulaye Wade. C’était certes une demande sociale, mais également  celle de certaines autorités étatiques. C’était en fait à la suite des Locales de 2009, perdues par le parti au pouvoir de l’époque, que décision avait été prise en 2011 de découper Sangalkam, fief du parti Rewmi de Idrissa Seck, dirigé localement par Oumar Guèye qui était le président du Conseil rural. La décision du Président Abdou­laye Wade, à l’époque, avait abouti à une situation instable avec des tensions dans la communauté rurale. C’est l’arrivée du régime de Macky Sall qui a constitué une bonne occasion de faire resurgir ce sujet devant Ndiagne Diop, maire de Bambilor et Oumar Guèye maire de Sangalkam et par ailleurs ministre des collectivités territoriales.

 

Un redécoupage aux multiples enjeux…

 

Créé en 2011, l’arrondissement de Bambilor comptait la communauté rurale de Bambilor, de Yène, de Tivaouane Peulh Niague 1. Mais avec l’acte 3 de la décentralisation Loi n° 2013-10 du 28 décembre 2013 avec la communalisation intégrale, l’arrondissement de Bambilor s’est agrandi avec la commune de Sangalkam, la commune de Diamniadio et celle de Jaxaay-Niacoulrab. Cependant, avec cette nouvelle rectification territoriale, Sangalkam va redevenir arrondissement. En effet, avec ce découpage, Sangalkam va être la commune qui tirera le plus de profit du projet administratif.  

  

Il faut cependant rappeler que  l’arrondissement de Bambilor englobe aujourd’hui la commune de Bambilor, celle de Sangalkam, de Yène, de Jaxaay-Niacoulrab-Par, la commune de Tivaouane Peulh-Niague et celle de Diamniadio. Il faut cependant souligner que le coordonnateur départemental de l’Apr Rufisque en l’occurrence Oumar Guèye, n’avait que Sangalkam, Noflaye et Ndiakhirate comme collectivités à gérer tandis que Ndiagne Diop gère Bambilor, une des plus grandes communes du département avec notamment une trentaine de villages. 

 

Pour désengorger l’arrondissement de Bambilor qui couvre pratiquement la superficie la plus grande de la région de Dakar (avec 285 km2), il est prévu la création de l’arrondissement de Diamniadio. Dans une logique de rapprocher davantage l’Adminis­tration des administrés et de garantir le principe de proximité, il est décidé de corriger certaines incohérences spatiales notées dans l’arrondissement de Bambilor en son état actuel. Sangalkam (avec notamment une superficie de 264 m2) se verra non seulement renforcée en tant que commune par le rajout de pas moins de 22 villages et cités dépendants de la commune de Bambilor, mais surtout elle aura un statut d’arrondissement. Une situation qui sera probablement défavorable à Ngagne Diop, maire de Bambilor qui se verra privé d’une grande partie qui était englobée par sa commune. D’énormes ressources sont donc en jeu, mais qu’elles soient foncières ou infrastructurelles, l’atmosphère risque d’être tendue.

 

DakarActu

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