Alexeï Navalny menacé de prison en cas de retour en Russie

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(Belga) La justice russe a enregistré une plainte demandant la conversion d’une peine de prison avec sursis visant l’opposant Alexeï Navalny en prison ferme, une mesure qui vise selon ses soutiens à l’empêcher de rentrer en Russie.

M. Navalny est actuellement en Allemagne, où il avait été évacué en août après être subitement tombé dans le coma. Des laboratoires occidentaux ont conclu à son empoisonnement par un agent neurotoxique de conception soviétique. Selon le site internet des tribunaux de Moscou, une plainte réclame « l’annulation d’une peine avec sursis » visant M. Navalny pour cause de « non respect des obligations imposées » après « n’avoir pas réparé un préjudice ou avoir commis une nouvelle infraction ». Le site précise que cette demande a été enregistrée lundi. Sur Twitter, Alexeï Navalny a affirmé mardi que la plainte avait été déposée par les services pénitentiaires (FSIN) pour une condamnation datant de décembre 2014. « Poutine est tellement furieux de voir que j’ai survécu à mon empoisonnement qu’il a demandé aux services pénitentiaires d’aller en justice pour transformer mon sursis en peine ferme », a commenté l’opposant de 44 ans. Il avait été condamné à trois ans et demi d’emprisonnement avec sursis pour le détournement de 26 millions de roubles d’une filiale de la société de cosmétique française Yves Rocher. En novembre 2014, Yves Rocher avait pour sa part dit n’avoir subi « aucun dommage ». En octobre 2017, la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) avait estimé qu’Alexeï Navalny et son frère, condamné à de la prison ferme, avaient été privés du droit à un procès équitable. Fin décembre, le FSIN a affirmé qu’Alexeï Navalny n’avait pas respecté les conditions de son sursis en ne retournant pas en Russie après sa convalescence. Depuis sa sortie du coma, Alexeï Navalny accuse Vladimir Poutine d’avoir ordonné son meurtre. Le Kremlin rejette ces accusations, affirmant notamment qu’il pourrait avoir souffert d’une mauvaise alimentation ou s’être lui-même empoisonné. « Que vont-ils encore imaginer pour que Navalny ne rentre pas en Russie ? », a réagi mardi sa porte-parole, Kira Iarmych. Les enquêteurs russes ont ouvert fin décembre contre cet opposant déjà visé dans plusieurs affaires de nouvelles investigations pour « fraudes », un délit pour lequel il risque jusqu’à 10 ans de prison. (Belga)