Invasion du Capitole à Washington: qui étaient ces émeutiers?

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Invité de l’Edition spéciale du RTLINFO 13H, Antonio Solimando, expert politique et spécialiste des questions d’extrême droite, donne son analyse sur les événements qui se sont produits au Capitole et nous décrit qui étaient les émeutiers de ce 6 janvier historique.

Antonio Solimando: « C’est pas un seul mouvement, c’est pas un seul profil. En fait, on y voit plusieurs représentants de différents mouvements notamment de l’extrême droite américaine. On a vu par exemple jake Angeli qui est une figure du mouvement QAnon. Ce sont des conspirationnistes qui pensent que la société américaine est dirigée aujourd’hui par un certain nombre de familles qui détournent le pouvoir à leur profit personnel. Par exemple: les Obama, les Clinton qui serait aussi à la tête d’un vaste réseau pédophile. Ces mouvements ont pignon sur rue aujourd’hui parce que c’est un mouvement, par exemple, qui peut se targuer d’avoir une élue au Congrès américain, une députée élue récemment sur base de ces thèses complotistes. »

« On a vu aussi des membres des « Proud boys » qui est un mouvement suprémaciste et misogyne qui est antimusulman et qui considère donc que les Blancs sont supérieurs. On a vu des miliciens aussi, des personnes qui étaient lourdement armées au sein du Capitole, même si elles n’ont pas fait usage de leurs armes. Il y avait donc un certain nombre de profils différents dont certains membres de partis d’extrême-droite ou de groupuscules d’extrême droite… »

On ne peut pas les résumer à une appartenance d’extrême droite?

Antonio Solimando: « Non, parce que il y a aussi des quidams. Il y a probablement des supporters de Trump qui se sont laissés être entraîner dans le mouvement ou qui ont participé au mouvement sans être nécessairement affiliés à des mouvements ou des groupuscules connu à l’ extrême droite américaine. Cela dit il y a eu des arrestations et le processus d’identification ne fait réellement que commencer. »

Est-ce que ces personnes, ces groupes sont représentatifs de l’électorat républicain de Donald Trump?

Antonio Solimando: « C’est une partie de l’électorat républicain à côté des Américains conservateurs qu’on peut connaître traditionnellement. Ces groupes en fait qui sont parfois très récents, comme QAnon, dont on a entendu parler il y a un an, ce sont des des groupuscules qui d’une certaine façon ont été entretenus dans l’amitié ou la proximité avec Donald Trump. Ses fils ont régulièrement relayé les thèses complotistes de ces différents mouvements. Et puis, Donald Trump qui a souvent tenu un discours ambigu, de telle façon à garder en fait ces groupuscules dans son électorat et asseoir sa base électorale, y compris à l’extrême droite du Parti républicain. En fait, ces mouvements n’ont vu dans Donald Trump qu’une espèce de pionnier, quelqu’un qui a mis le pied dans la porte de la Maison Blanche pour ouvrir à ces mouvements, peut-être dans les années qui viennent, les portes du pouvoir… »