Sénatoriales: 87.000 grands électeurs aux urnes pour renouveler la moitié du Sénat

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Les grands électeurs renouvellent dimanche la moitié des sièges du Sénat, une élection dont les résultats ne sont pas attendus avant la fin d’après-midi et qui pourrait être marquée par une percée verte mais sans changer l’équilibre des forces à la Haute assemblée où la droite est majoritaire.

Le renouvellement par moitié du Sénat tous les trois ans se joue à l’échelle du département. Cette année sont concernés 172 sièges sur 348, soit les élus de 58 départements de métropole compris entre l’Ain et l’Indre et entre le Bas-Rhin et le Territoire de Belfort, hors Ile-de-France. Outre-mer sont aussi renouvelés les sénateurs de la Guyane et de 4 collectivités (Wallis et Futuna, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Polynésie française). 117 sortants se représentent.

Dans les départements les plus peuplés, avec au moins trois sénateurs, la représentation proportionnelle s’applique avec un scrutin ouvert depuis 08H30 et jusqu’à 17H30.

Dans les départements à scrutin majoritaire (où sont élus un ou deux sénateurs), les grands électeurs ont voté à la préfecture jusqu’à 11H00 pour le premier tour et retourneront voter en cas de second tour de 15H30 à 17H30.

Les négociations d’entre-deux-tours, traditionnellent autour d’un déjeuner, risquent d’être un peu moins amicales cette année du fait de la distanciation sociale imposée par le Covid-19, relève un familier de l’exercice.

– files d’attente –

Aucun résultat ne pourra être publié avant la fermeture du dernier bureau de vote en métropole, y compris pour les élus au premier tour. Le palais du Luxembourg était encore désert à la mi-journée.

Les grands électeurs sont 87.000, essentiellement des représentants des communes, mais aussi des départements et régions. Sur Twitter, quelques-uns pris, dans des files d’attente pour voter en région parisienne, pestaient contre la pluie.

Le leader de LFI Jean-Luc Mélenchon déplorait lui l’organisation dans les Bouches-du-Rhône, touchées de plein fouet par le Covid-19: « Des affectations de bureaux qui changent, file interminable d’un côté, personne de l’autre. Le foyer d’infection est en place », a tweeté l’élu de Marseille.

Chacun des sept groupes qui composent aujourd’hui le Sénat a fait ses projections mais la prudence reste de mise jusqu’au bout.

Les chefs de file des deux grandes composantes de la majorité, Bruno Retailleau (Les Républicains) et Hervé Marseille (centriste) tablent sur le maintien de la configuration politique actuelle.

« C’est difficile d’en dire plus », selon M. Retailleau, qui devrait être réélu en Vendée. « Il faudrait savoir peser dans des toiles d’araignée des oeufs de mouche ».

LR a 75 sièges renouvelables sur 143 et les centristes 24 sur 51.

– Profil bas pour LREM –

Dimanche soir, « nous aurons une vision globale, mais pas le détail de la composition des groupes », prévient M. Marseille.

C’est toute la complexité du Sénat, où les étiquettes politiques passent parfois après les combinaisons de terrain. Un exemple: dans l’Eure, le ministre LREM des Outre-mer Sébastien Lecornu devrait être élu sur une liste où figurent deux sénateurs LR sortants, Nicole Duranton et Ladislas Poniatowski, tandis que la liste menée par le centriste sortant Hervé Maurey a le soutien du président LR du Sénat Gérard Larcher.

A gauche, « les simulations laissent entendre que le groupe PS (2e du Sénat avec 71 sièges, dont 35 renouvelables, ndlr) restera au même niveau », indique son président Patrick Kanner.

La surprise annoncée devrait donc venir des écologistes. Avec 5 nouveaux élus, ce qui semble faisable sur le papier, qui s’ajouteraient à un « noyau » de cinq sénateurs déjà en place – les écologistes Esther Benbassa, Guillaume Gontard, Ronan Dantec, Joël Labbé et Sophie Taillé-Polian de Générations – le compte serait bon pour former un groupe. Mais un peu « juste », reconnaît M. Dantec qui espère arriver à 12 membres.

Contrairement à 2017, La République en marche, faiblement représentée au Sénat (23 sénateurs dont 10 renouvelables), fait profil bas. Le patron du groupe François Patriat est lui-même menacé en Côte-d’Or par la socialiste Colette Popard, proche du maire de Dijon François Rebsamen. Au palais du Luxembourg, LREM se fixe maintenant un objectif de recomposition à plus long terme, confie l’entourage de M. Lecornu.

Un autre ministre est en piste, Jean-Baptiste Lemoyne, dans l’Yonne.

Parmi les candidats, on compte aussi deux anciens ministres PS, Marie-Arlette Carlotti (Bouches-du-Rhône) et Jean-Jacques Urvoas (Finistère), ainsi que 9 députés.

Le groupe CRCE à majorité communiste n’a que 3 sénateurs renouvelables sur 16. Même avec le départ d’Esther Benbassa et Guillaume Gontard, il est assuré de son maintien.

Les comptes sont plus délicats pour le RDSE à majorité radicale (14 renouvelables sur 24), mais son président Jean-Claude Requier espère maintenir ce groupe « historique ». Même espoir chez les Indépendants, créé en 2017, malgré 6 sièges renouvelables sur 13, dont celui de son président Claude Malhuret.

Quant au RN, il risque de perdre son seul sénateur, Stéphane Ravier.