Macky Sall va-t-il briguer un troisième mandat à l’instar de ADO et Condé

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Si on juge le président par ses promesses électorales, on peut facilement dire qu’il briguera un troisième mandat. Il a fait le contraire de tout ce qu’il avait promis, donc pourquoi croire que sa promesse de ne pas briguer un troisième mandat ne changera pas ?

Si dans les années 90 le vent de la démocratie semblait souffler sur le continent africain, de nos jours, c’est le vent de la modification des constitutions qui souffle sur notre continent. Toutes ces modifications ont le même dénominateur commun, celui de modifier la constitution pour s’éterniser au pouvoir, souvent par peur de répondre aux crimes financiers.

A chaque fois qu’il y a de possibles manipulations de la constitution, cela laisse sous-entendre des faiblesses majeures et le manque de précisions sur les lois constitutionnelles. Combien de fois des présidents africains ont refusé d’organiser des élections sous différents prétextes, comme sécuritaire ou sanitaire ? Avec la pandémie du Covid 19, on n’a même entendu le président américain suggérer le report des élections de Novembre de cette année, à cause de la crise sanitaire. Néanmoins, cette suggestion a créé un tollé dans les deux camps.

Sous l’ancienne constitution du Sénégal, il n’y avait pas de limite sur le nombre de mandat de la fonction de président. En 2001, le Sénégal a adopté une nouvelle constitution qui a introduit une limite de deux mandats consécutifs pour la présidence. Cependant, cette loi n’a pas été appliquée rétroactivement au premier mandat de Wade parce qu’il était élu avant l’entrée en vigueur de la nouvelle constitution. Sachant qu’il était devenu impopulaire et que c’était peu probable qu’il puisse gagner les 50 % nécessaires pour éviter la nécessité d’un second tour, il a décidé d’introduire une réforme de la Constitution pour baisser à 25 % le nombre de voix nécessaires pour être élu au premier tour avec un vice-président.

C’est avec surprise que nous avons tous entendu l’actuel président de la Côte d’Ivoire annoncer être officiellement candidat à un troisième mandat. Cette annonce vient après la mort de son dauphin, Amadou Gon Coulibaly, ce qui lui a poussé à invoquer un « cas de force majeure ». Ancien Premier ministre et président du parti Rassemblement des Républicains, ADO était un homme très mesuré, qui, malheureusement sortira par la petite porte.

La parole donnée est sacrée

Quant au président Sall, ne disait-il pas que la taille du gouvernement était trop grande que les fonds publics étaient mal gérés ? Il disait aussi que son parti allait revitaliser le caractère républicain de l’Etat, renforcer la séparation des pouvoirs. Il avait promis de revitaliser l’agriculture et de réorienter les projets d’infrastructures hors de Dakar.

En tant que martyr, il disait être pour un système monocaméral avec une forte présidence où l’Assemblée nationale est autorisée à faire son travail. Il ajoutait en disant que la multiplicité des agences épuise les ressources de l’Etat et devaient être réduites, tout comme le nombre d’ambassades que nous avons.

En ce qui concerne les infrastructures, il disait aussi qu’il fallait plus d’investissement dans le sud et le nord-ouest et que certaines routes vitales ont été laissées dans un état de délabrement total. Ne misait-il pas sur l’agriculture afin de créer des emplois ?

Le président Macky Sall disait que « pendant plusieurs décennies, des politiques et stratégies ont été mises en œuvre au Sénégal, sans une amélioration conséquente de la situation économique et sociale des populations. (…) Préserver dans cette voie aurait accentué le malaise social et hypothèque toute perspective de décollage économique. Il poursuit en disant « j’ai décidé de rompre avec les schémas classiques, pour positionner le pays dans la voie de la modernité et impulser un nouveau modèle de développement économique ».

DakarActu

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