Professeur Moustapha Sourang : Le temps d’une vie utile pour le Sénégal et une leçon d’humilité pour l’humanité

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« À Dieu nous appartenons et vers Lui nous retournerons. C’est Lui l’auteur de nos vies, Il nous en fait cadeau quand il le décide et Il récupère son bien (l’âme de ses serviteurs) quand il le décrète Nul n’a un droit de regard sur ses augustes desseins. »

Ces versets coraniques restent plus-que jamais éternels ; ils évacuent tout doute sur notre mortalité et fixent les termes de notre bref séjour sur terre : « Il a assigné à toute âme un terme quand leur heure sonne, ils ne peuvent en repousser l’échéance ni l’avancer » (Coran, Sourate 7, Verset 34). Aucune âme ne peut mourir si ce n’est avec la permission de Dieu, à un terme prescrit. (Coran: Sourate 3, Verset 145).

Au moment où nous crachons ces paroles en l’honneur du Professeur Moustapha Sourang, nous sommes attristés d’avoir perdu un oncle, un parent sous l’ombre des conseils et encouragements de qui nous avons pu braver les soubresauts de la vie estudiantine pendant des années à l’UCAD avant de passer outre l’Atlantique poursuivre nos études en Amérique puis au Canada.

Le professeur Sourang fut non seulement un universitaire accompli, un érudit aux dimensions multiples mais aussi un homme d’une humilité et d’une discrétion exceptionnelle qui forcent le respect. Le parcours académique et la vie de ce petit fils de Cheikh Ahmadou Bamba sont riches en enseignements.

Professeur agrégé de droit ; doyen de la Faculté des Sciences Juridiques de 1984 à 1999 ; recteur de l’Université Cheikh Anta Diop de 1999 à 2000 ; ministre de l’éducation nationale de 2001 à 2009 ; ministre de la Justice en 2009 ; ministre des Forces Armées en 2011 ; puis président de la réforme foncière en 2014. Bref, le Professeur de droit a bien connu l’État sénégalais et ses rouages ; il a su cependant rester fidèle à ses belles valeurs de droiture et de discrétion.

Autrement dit, l’homme a servi son peuple dans les hautes stations du pays et n’a jamais été l’objet d’enquête judiciaire ou de malversation de quelque nature que ce soit. L’homme avait dû lire et bien comprendre les paroles subversives de Abraham Lincoln : « Presque tous les humains peuvent faire face à l’adversité, mais si vous voulez tester le caractère de l’Homme, donne-lui le pouvoir ».

Les différentes fonctions ministérielles qu’il a occupées durant sa carrière en disent long sur les caractères de l’homme : intègre et humble. Cette humilité s’est bien manifestée en 2001 quand il eut l’idée d’aller se conseiller auprès de Serigne Saliou Mbacké pour lui demander un viatique qu’il porterait pour gérer son mandat de ministre de l’éducation nationale du Sénégal.

Serigne Saliou lui conseilla ceci : « […] il faut générer ce département ministériel avec beaucoup de patience, beaucoup de persévérance et ne jamais dilapider un sou qui ne vous appartient pas […] » (tiré du discours de Moustapha Sourang Journée Khassida à Thies le 6 avril 2016).

L’homme ne s’arrêta pas là car il alla encore consulter Serigne Cheikh Mourtada Mbacké en quête de viatique pour bien mener et remplir sa fonction de ministre. Serigne Cheikh Mourtada lui confia ceci : « […] ce que votre grand père attend de vous est que vous fassiez tout pour que l’enseignement du coran entre dans l’école publique […]. »

Appliquant à la lettre les conseils de ces deux saints hommes, il a pu générer 4200 milliards pendant neuf années sans avoir eu aucun bémol financier avec l’état sénégalais ou les bailleurs de fond internationaux. Durant son mandat en tant que ministre de l’éducation nationale, plus de 2, 000,000 de jeunes ont étudié l’arabe et le coran et plus de 10, 000 arabisants diplômés des pays arabes, étaient sortis de la précarité et finalement recrutés (tiré du discours de Moustapha Sourang Journée Xahida à Thies 6 avril 2016).

Aux partisans de la vitesse, Abraham Lincoln, avait-il l’habitude de dire que : « la vie ne se résume pas aux aiguilles d’une montre, mais plutôt à la qualité des actes posés pendant notre séjour bref et passager sur terre ».

Certes le séjour de l’homme sur terre n’a pas été long, mais la qualité des actes qu’il a posés durant ses 71 ans sur terre l’immortalisent à jamais pour servir de viatique pour le Sénégal et pour toute l’humanité. N’est-ce pas cela vivre ?

Repose en paix cher oncle Moustapha !

Par Dr. Moustapha Fall

Enseignant-chercheur

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