Simon envoie de l’argent à ses proches au Liban pour distribuer des colis alimentaires: 60% de la population y vit dans la pauvreté

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Depuis plusieurs mois, le Liban est secoué par de graves problèmes économiques et politiques. Des difficultés encore accentuées par la crise du coronavirus. A Beyrouth, la nourriture manque et des quartiers entiers sont plongés dans le noir. Chez nous, les Belgo-libanais sont angoissés pour l’avenir de leurs proches. Nos journalistes sont allés à leur rencontre.

Des dizaines de milliers de Libanais manifestent dans les rues depuis près de 10 mois. Le pays croule sous la dette. Les habitants de la capitale n’ont plus d’électricité. 60% de la population vit dans la pauvreté. Des voix commencent à s’élever à travers le monde.

Notre équipe s’est rendue à une messe célébrée à Bruxelles ce dimanche matin. La messe dite par le prêtre maronite prend une tournure politique. « Cette crise, on ne l’a jamais vécue. Nous avons tous vécu la guerre ici. Même pendant la guerre on n’a pas eu ça. On mangeait très bien, on buvait très bien. Entre guillemets, parce que c’était dur. Mais par rapport à maintenant, c’est impensable pour nous ce que le Liban vit« , déclare Paul Abou Naoum, prêtre de la paroisse maronite.

On doit envoyer de l’argent d’ici pour faire des colis alimentaire

Les Belgo-libanais sont profondément inquiets. Comme ce médecin que nous avons rencontré. Pour aider sa famille au Liban, il a récolté de l’argent destiné à lui fournir de quoi s’alimenter. « Ils n’ont plus accès à leur compte en banque. Donc on doit envoyer de l’argent d’ici pour faire des colis alimentaire. Où ça? Au Liban. Jamais on ne pensait arriver à ce point-là« , explique Simon Najm.

Tout débute à la fin 2019

Tout a commencé en octobre dernier. L’économie s’effondre et la livre libanaise est instable. La population est en colère contre l’état qui multiplie les taxes. Le gouvernement tombe mais rien ne change. Les prix flambent alors. La monnaie perd 80% de sa valeur.

La crise n’est pas seulement économique, elle est aggravée par les tensions entre le Hezbollah, qui domine la vie politique au Liban et les Etats Unis. Le pays est coupé en deux. « Le problème, c’est entre deux axes. L’axe du mal soutenu par le Hezbollah, le régime syrien et l’Iran, et le monde libre que nous on soutient« , explique Simon Najm.

Des échanges d’objets et de nourritures sur internet

Pour survivre, aujourd’hui les habitants font du troc sur Facebook. Nous sommes par exemple tombé sur une annonce qui échange une robe d’enfant contre du sucre. « J’ai une machine pour nettoyer les biberons, dont je n’ai plus besoin parce que mon fils est grand, je peux l’échanger contre de la nourriture« , explique sur internet une habitante de Beyrouth.

« La livre libanaise n’a plus de valeur. Alors du coup on ne sait plus acheter grand-chose avec. Il y a des exemples qui deviennent absurdes. Avec la moitié d’un salaire d’un officier de l’armée on va dire, il peut acheter une paire de pneus pour sa voiture. C’est là qu’on en est« , témoigne Merchid Kastoun, un entrepreneur belgo-libanais que nous avons rencontré à Bruxelles.

Le Liban a demandé une aide au Fonds monétaire international en échange de réformes, mais les négociations sont au point mort. Le pays connait aujourd’hui la pire crise économique de son histoire.