« On nous l’a enlevé, on a rien demandé, il a été travailler et il a trouvé la mort », souffle Véronique dans une interview donnée à nos confrères de RTL France. Son mari, chauffeur de bus, a été roué de coups et grièvement blessé à la tête à Bayonne. Il avait refusé la montée à un homme sans masque accompagné d’un chien, demandant en même temps à quatre passagers, qui se trouvaient déjà dans le bus sans porter de masque, d’en descendre.
On ne peut pas enlever la vie pour un ticket
Le conducteur de ce « Tram’bus », un long véhicule articulé, était inconscient au moment de sa prise en charge par les secours et a été transporté dans un état très grave au centre hospitalier de la Côte basque à Bayonne, où il était toujours lundi soir en service de réanimation.
« On ne peut pas enlever la vie de quelqu’un pour un ticket de transport », a fustigé Véronique, qui ne reconnaît désormais plus son mari. Avant d’ajouter: « Ce n’est pas mon mari. Imaginez la souffrance quand il a vu tous ces gens s’acharner sur lui (…) Quand j’ai vu sa tête, je me suis dis qu’il avait dû souffrir le martyr ».
Des bus restés au dépôt
Le réseau de bus Chronoplus, qui dessert l’agglomération de Bayonne, Biarritz et Anglet, a été fortement perturbé lundi par un mouvement de retrait du personnel, avec au moins 9 lignes à l’arrêt selon le site internet du réseau.
De nombreux bus sont restés lundi matin au dépôt du réseau, où plusieurs dizaines de chauffeurs ont exprimé leur tristesse et leur colère. Ils ont fait valoir leur droit de retrait dès 05H00 lundi matin et ont assuré qu’ils ne reprendraient pas le travail « avant les obsèques » de leur collègue agressé.

