Présidentielle américaine : Donald Trump face à une fronde du Parti républicain

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George W. Bush et Mitt Romney ont annoncé qu’ils ne voteraient pas pour Trump, rapporte le « New York Times ». Et ce ne sont pas les seuls.

On prend les mêmes et on recommence. Comme en 2016, les caciques républicains George W. Bush et Mitt Romney ont annoncé qu’ils ne glisseraient pas un bulletin Trump dans l’urne en novembre 2020, révèle le New York Times. Mais l’impact de leur insubordination n’est pas le même qu’il y a quatre ans, assure le quotidien américain. Ne pas adouber un candidat fantasque n’ayant qu’une infime chance d’emménager à la Maison-Blanche n’a en effet rien à voir avec le fait de bouder un président issu de son propre parti qui brigue un second mandat.

Autre oiseau de mauvais augure pour Donald Trump : la fronde qui gronde au sein du Parti républicain paraît plus profonde qu’en 2016. Un nombre croissant de membres du Grand Old Party (GOP) réfléchirait ainsi à admettre publiquement qu’ils ne soutiendront pas le milliardaire. Pire, qu’ils pourraient voter pour le démocrate Joe Biden, ennemi honni de la Maison-Blanche.

C’est ce que vient d’annoncer Colin Powell, ancien secrétaire d’État de George W. Bush, en dénonçant les « mensonges » de Donald Trump. « Je ne pouvais voter pour lui (en 2016) et je ne peux certainement pas soutenir le président Trump cette année », a déclaré sur CNN celui qui avait voté pour Hillary Clinton lors de la précédente élection et qui a explicitement indiqué qu’il voterait pour Joe Biden.

De son côté, Cindy McCain, veuve du sénateur républicain John McCain, est presque certaine d’appuyer l’ex-vice-président de Barack Obama. Quant à Jeb Bush, ancien gouverneur de Floride et frère de George W. Bush, il n’est même pas certain d’aller voter.

Introspection

La piètre gestion de la pandémie par le président et sa posture sécuritaire face aux protestations des Américains contre la brutalité policière après la mort de George Floyd semblent à l’origine de ces prises de position. Les propos de l’ancien secrétaire à la Défense Jim Mattis, qui a accusé Donald Trump de « diviser l’Amérique », ont semble-t-il été l’élément déclencheur.

Après cette prise de parole, la sénatrice républicaine de l’Alaska, Lisa Murkowski, a été l’une des premières à faire part de ses doutes quant à l’opportunité de voter pour Trump. De nombreux fonctionnaires ont ensuite déclaré à haute voix que l’actuel président paraît inapte à exercer ses fonctions.

« Le temps est venu pour un nouveau leadership dans ce pays », a notamment déclaré William H. McRaven, l’amiral de la marine à la retraite qui a dirigé le raid conduisant à la mort d’Oussama Ben Laden. Et de poursuivre, cinglant : « Le président Trump a montré qu’il n’avait pas les qualités nécessaires pour être un bon commandant en chef. »

La Maison-Blanche n’est pas en feu pour autant. Donald Trump a en effet remporté les élections en 2016 malgré un nombre conséquent de républicains et d’officiers militaires à la retraite qui ont refusé de le soutenir. Et le président américain compte beaucoup plus de soutiens au sein du GOP qu’en 2016. Parmi ses partisans inébranlables figurent des dirigeants républicains comme Mitch McConnell, leader de la majorité au Sénat, et d’anciens ennemis comme les sénateurs Ted Cruz et Lindsey Graham.

Et de récents sondages indiquent que les républicains de base sont à 100 % derrière le président. Mais une opposition coordonnée de certains caciques républicains pourrait encourager les plus sceptiques à mettre de côté leur loyauté envers le parti et conduire ainsi à une fronde structurée et potentiellement désastreuse pour Donald Trump.

Le Point

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