Amnesty International accable le Sénégal sur le musellement de la liberté d’expression, de réunion, droits des homos et morts en détention

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Le Rapport Annuel 2019 portant sur la Région Afrique d’Amnesty International a été publié aujourd’hui. Les griefs répertoriés contre le Sénégal concernent la répression souvent constatée contre les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique, les conditions de détention avec souvent mort d’hommes. Et aussi l’arrestation de lesbiennes, des gays et des personnes bisexuelles.
Le rapport, dénonce  en effet la poursuite des restrictions abusives au droit à la liberté d’expression avec les poursuites suivies de détention de personnes qui exprimaient des opinions dissidentes. Le rapport cite le cas du rappeur et militant Abdou Karim Guèye arrêté le 25 février après avoir diffusé en direct sur les réseaux sociaux une vidéo qui encourageait la population à se joindre à lui pour une manifestation pacifique, après l’annonce officieuse des résultats du scrutin présidentiel.
Mais aussi l’arrestation le 16 juillet, du militant Guy Marius Sagna inculpé de « fausse alerte au terrorisme » et incarcéré à la maison d’arrêt de Rebeuss, à Dakar. Il sera arrêté plusieurs fois de suite après.
Le journaliste Adama Gaye est aussi cité dans le rapport au chapitre toujours des « restrictions abusives à la liberté » ainsi que Oudy Diallo, défenseur de l’environnement. Enfin Amnesty de regretter aussi l’arrestation au lendemain de l’élection présidentielle, d’au moins 17 sympathisantes de l’opposition pour « troubles à l’ordre public et incitation à la révolte ».
Au chapitre des restrictions de la liberté de réunion, le rapport est revenu sur l’arrêté Ousmane Ngom qui interdit tout rassemblement dans les zones du centre-ville de Dakar et contre lequel Amnesty International avait déposé un recours en annulation, mais qui a été finalement débouté. Mais aussi l’interdiction de manifestation au lendemain de l’éclatement de l’affaire des 6000 milliards du reportage de la BBC et qui avait conduit à l’arrestation de 20 personnes. Guy Marius Sagna, le professeur Babacar Diop et sept autres militants ont été arrêtés le 29 novembre alors qu’ils manifestaient pacifiquement, conclut  le rapport sur ce chapitre
Conditions carcérales et morts en détention
Avec 11 547 personnes incarcérées dans les 37 prisons sénégalaises, pour une capacité totale de 4 224 détenus, Amnesty a dénoncé les conditions sanitaires dans les établissements pénitentiaires et la surpopulation persistante. Ce qui a conduit à des morts comme celle de Louis Dieng, à la prison de Mbour. Il est mort le 20 février des suites d’une crise d’asthme alors qu’il partageait sa cellule avec 87 autres détenus. « Le 29 août, deux hommes incarcérés à la maison d’arrêt de Rebeuss, Babacar Mané et Cheikh Ndiaye, sont morts d’un arrêt Cardio circulatoire par électrocution à la suite du dysfonctionnement d’un ventilateur, d’après une déclaration du ministre de la Justice », rappelle aussi le rapport. Qui également cite des morts suite à des brimades avec le cas de Serigne Fallou Ka (24 ans), mort le 2 mai à la maison d’arrêt et de correction de Diourbel et qui avait conduit à l’arrestation de trois policiers et un agent de sécurité de Mbacké.
Droits des enfants, non dépénalisation des actes contre nature
Les mauvais traitements infligés aux enfants ont été aussi épinglés dans le rapport qui regrette que le Sénégal n’ait pas mis en place de système coordonné de prise en charge visant à protéger de l’exploitation et des sévices, les enfants contraints à la mendicité. Le rapport cite ainsi la mort suite à des sévices corporels d’enfants talibés, mais aussi victimes de mauvais traitements. Le rapport de rappeler l’affaire du maître  cornique de Louga qui avait enchaîné plusieurs garcons.
Enfin, le rapport de dénoncer le non-respect des droits des lesbiennes, des gays et des personnes bisexuelles, transgenres ou intersexes, avec le refus du Sénégal réaffirmé devant le Comité contre la torture contre la dépénalisation des « actes contre nature ».
DakarActu

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