« Fake news » : Un cinquième pouvoir est né. Par Amédine FAYE

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« Fake news », fausses nouvelles, informations fallacieuses, infox, intox, hoax…Les mots ne manquent pas pour évoquer la fausseté  des infos que le public considère  comme faits vrais.

Si l’information « est l’action d’informer, de s’informer, de donner la connaissance d’un fait ou de la rechercher » en s’appuyant sur une source crédible,   la « fake news » est sans doute son contraire distillé à cor et à cri, dans la plupart des cas,  par une source non-crédible, parfois même non-identifiée ou difficilement identifiable.

Parmi les affichistes de l’infox, il est des sources qui trompent et celles qui se trompent.

Dans les sociétés humaines où les sujets se complaisent dans le  « il parait », « on dit que », « j’ai entendu »,  les « fakes news » ont toujours existé et comptent bel et bien résister à l’assaut des fact-checkers. En ce 21éme siècle, elles sont diffusées à la vitesse du Covid 19, aidées en cela par les vecteurs manipulés, qui relaient mécaniquement tout ce qu’ils voient, entendent ou lisent, et par les nouveaux médias qui assurent simultanéité, rapidité, etc.

Pour guerroyer contrer les « fake news », des initiatives sont prises par des grands médias comme Facebook. En avril 2019, ce réseau social a « dévoilé (…) une batterie de nouvelles fonctionnalités censées aider à lutter contre la propagation de fausses informations, notamment via la modification de certains algorithmes de référencement ».  Des organisations, à l’image de Africa Check, sont même fondées avec comme  activité principale la vérification des informations diffusées. Des entreprises de presse ont créé des services de fact-checking au sein de leur rédaction.

Aujourd’hui, il faut « aider » la Vérité. C’est une nécessité pour les journalistes de s’armer de doute professionnel et d’outils de vérification des faits, tout comme c’est une exigence pour les citoyens de faire preuve de prudence pour ne pas gober tout ce qu’on leur rapporte. 

« Fake news » est devenue une ennemie publique. Elle fausse le débat public. Elle façonne le mode de pensée des individus pour  régir leurs actions et orienter leur choix de vie, malheureusement pas dans le bon sens.

« (…) je vivais au Nigéria en tant que chef de bureau de l’Agence France Presse (AFP). Au cours des années suivantes, j’ai suivi les informations faisant état de la façon dont les fausses allégations concernant les vaccins antipoliomyélitiques (nous n’utilisions pas le terme « fake news » à l’époque et ne devrions pas le faire maintenant) ont entraîné une augmentation du nombre de cas de polio au Nigéria et dans les environs ; des milliers de victimes de la poliomyélite mais aussi de la désinformation(…) », avait écrit Peter Cunliffe-Jones, fondateur de Africa Check.

Le pouvoir des « fake news » sur le public est réel, pernicieux, incirconscriptible. Et ce pouvoir s’est renforcé avec l’avènement de l’intelligence artificielle. Bonjour le « deepfake » !

Amédine FAYE

Journaliste à Teranganews.sn

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